Grosso modo, l'ancien plus jeune Premier Ministre de France estimait que "à l'avenir, les cabinets ministériels seront composés pour moitié d'énarques et pour moitié d'élus locaux". Bien sûr, le préfet est loin d'être un élu local ! mais comme l'explique l'article du monde (lien ci dessous), c'est la connaissance du monde des collectivités qui leur redonne la main face aux autres grands Corps de l'Etat, à l'heure où les nouveaux transferts de compétences (entamés sous Jospin, poursuivis, approfondis et officialisés par Raffarin) ont fait de ces mêmes collectivités des partenaires incontournables de toute politique publique.
Alors poussons la logique jusqu'au bout : verra-t-on demain des fonctionnaires territoriaux de catégorie A (attachés et administratieurs) intégrer des cabinets ministériels, comme c'est le cas pour les énarques ? Après tout, le ministre Delevoye avait bien envisagé la fusion des deux système de formation des administrateurs civils (ENA) et des administrateurs territoriaux (INET). Il est vrai que si les cabinets ministériels continuent d'enfler, il y aura de la place pour tout le monde !!
A moins que les cabinets soient supprimés, comme le demandent régulièrement plusieurs think tank, tel la fondation Jean Jaurès en 2001, ou comme le proposait Jean Picq, aujourd'hui président de chambre à la Cour des Comptes, dans un rapport sur la réforme de l'Etat remis en 1994 au ministre de la FP André Rossinot.
Ce qui est sûr, c'est qu'un mouvement
Cette évolution de la haute fonction publique me semble tout à fait intéeressante à observer, non seulement parce que le corporatisme est un élément important de la réussite ou de l'échec de certaines réformes, mais aussi parce que ces fonctionnaires sont les soutiers de toute politique publique, à cet égard, leur origine nous concerne aussi.
A suivre.
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