Le seul meeting UMP auquel j'ai assisté se tenait en 2004, entre les deux tours des régionales, et venait sceller la liste d'union Copé-Santini.

Tous les militants UDF en sont revenus étonnés : la foule réagissait au quart de tour, en huant certains mots épouvantails. Le duo de têtes des mots magiques des meetings de l'UMP sont : Jospin ("ooooouhh!!!") et les 35 heures ("baaahhhhh!!!"). A leur évocation, la foule est requinquée. Du coup, les orateurs en jouent : dès qu'ils ne savait plus trop quoi dire ou voient l'ambiance retomber, ils sortent de leur chapeau quelques mots magiques plongant la salle dans un boucan de huées.

Je crois que seuls ceux de nos militants qui viennent du PS ou du RPR (car oui, nous en avons) connaissaient déjà ces ambiances-là. Car les meetings de l'UDF sont assez différents. Ce qui a des inconvénients et des avantages, d'ailleurs.

Des inconvénients, car l'ambiance est bien moins déchaînée. C'est surement souhaitable hors périodes électorales, car cela est propice aux échanges, aux débats programmatiques. Mais dans une campagne électorale, je trouve que l'on aurait tout intérêt à s'inspirer des méthodes des grands partis pour ce qui est de l'animation des meetings. J'ai toujours trouvé agréables les images des meetings américains, avec petits drapeaux, ballons. La vue de foules militantes avec T shirts de couleurs, cornes de brumes, chapeaux parfois inspirent plutôt de l'enthousiasme que de la crainte en moi. Un meeting, c'est aussi l'image d'un parti, de son enthousiasme, de sa vigueur, et il faudra veiller à ce que cette image soit bonne en 2007.

Les avantages, c'est qu'en règle générale, les meetings UDF auxquels j'ai pu assister sont l'occasion de discours très intéressants, qui développent un vrai propos de fond. Et franchement, voir les discours de Jean-Louis Bourlanges, de Christian Blanc, ou même de François Bayrou entrecoupés par d'incessantes huées, des cornes du brumes ou de furieux applaudissements à n'en plus finir, ça finirait vraiment par me gaver.

Je termine ce billet en vous faisant part d'un évolution très pregnante à l'UDF : la naissance d'une culture de parti et d'une identité. Il ne faut pas oublier qu'à l'origine, le parti est une confédération d'organisations hétéroclites, qui, à partir de 1999 et sous l'influence de la "ligne Bayrou", ont commencé à s'unifier. Ceci a été facilité par le départ de beaucoup d'élus (et de militants aussi dans une moindres mesure) à l'UMP ! Aujourd'hui, on sent naître une culture militante, une envie de revendiquer son appartenance à l'UDF. Meilleure preuve de cette identité militante naissante : la généralisation d'une nouvelle couleur - orange - sur les T shirts, logos et autres supports UDF. Je crois que c'était au congrès du printemps 2005, Bayrou avait di à la tribune sa joie de voir une partie de l'assemblée vêtué de ces T shirts oranges : "C'est ce qui nous a longtemps manqué"