
Je ne vais pas vous faire le synopsis du film (si j'étais Thierry Ardisson, je dirais le "pitch" mais moi je dis synopsis) que vous trouverez bien mieux fait ici ou là.
Ce film est bati autour de la liaison trouble et ambigûe qui lie, jusqu'au dénouement tragique, deux hommes, dont l'un commence par être le valet de l'autre, avant que la relation de subordination ne finisse par s'inverser et que le maître (Bernard Gireaudeau, riche et puissant industriel complètement maniaque) ne puisse se passer de son serviteur (en l'occurence de son goûteur, d'où le titre), dont il a quasiment fait son alter-ego.
Les points de comparaison avec La tourneuse de pages sont multiples. 
- les personnages : dans les deux films, un duo ambigu, cynique, malsain, fondé sur des rapports de domination. On passe d'une homosexualité simplement suggérée dans Une affaire de gout à un saphisme plus appuyé entre la pianiste et sa tourneuse, qui éclate à la fin du film. Malheuruesmeent, cette relation progresse trop lentement tout au long du film pour que le dénouement soit naturel et crédible.
- le thème : dans les deux films, tout est luxe et volupté : dîners gastronomiques dans un cas, concerts de musique classique dans l'autre ! Bien sûr, derrière ce raffinement et ce décorum bourgeois se cachent des rapports humains brutaux (la vengeance en l'occurence dans La Tourneuse de pages), ce qui donne au film de Dercourt des accents mauriaciens (insuffisamment exploités je trouve), d'autant que le lieu de l'action s'y prête bien, avec un lieu clos sous forme de grande batisse bourgeoise, qui rappelle souvent Chabrol.
- l'action : dans les deux films, une relation élève-maître qui s'inverse et les failles du maître qui apparaissent (B. Gireaudeau comme Catherine Frot jouent très bien ce basculement) font toute lasaveur des deux scénarios. Je préfère tout de même Une affaire de goût, car la tension dramatique est beaucoup plus forte.
Donc voilà : deux très bons films à ne pas rater. Je me demande même si les profs de philo ne pourraient pas en utiliser un des deux pour entamer leur cours sur Hegel et sa dialectique du maître et de l'esclave pour la quête de la reconnaissance de soi !

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