Marie-Adelaïde écrit dans son billet sur les féministes que le FN respecte la parité dans les candidatures.
A mon grand étonnement, c'est vrai : la LCR et le FN respectent la parité. Chapeau les extrêmes !
En fait il semble que les partis un peu plus riches acceptent de se "payer" une féminisation plus faible. Ils peuvent se permettre de se voir appliquer une retenue sur leur dotation de financement public. Par exemple, il en a couté 600 000 euros à l'UDF en 2005. Aïe aïe aïe ! Mais présenter des femmes aurait sûrement aussi eu un coût dans certaines circonscriptions où elles auraient récolté moins de voix que le candidat.
Le FN pratique la parité, mais les femmes ne le lui rendent pas. J'avais entendu un chercheur du CEVIPOF expliquer que le sexe n'est plus clivant dans l'analyse du vote, sauf pour le FN. Si autrefois, les femmes votaient plus à droite et étaient plus conservatrices - c'est d'ailleurs un des facteurs qui expliquent que la République leur ait si longtemps refusé le droit de s'exprimer : ells auraient pu représenter un danger pour le régime, toute soumise à leur confesseur qu'elle étaient ! - aujourd'hui, le sexe n'oriente pas vers un parti plus qu'un autre. SAUF - et c'était le propos de ce chercheur - pour le FN, auquel les femmes ont toujours été plus réticentes à donner leur suffrage.
Je ne me rappelle plus le nom de ce chercheur, mais voilà ce qu'en dit Nonna Mayer, également chercheur et connaisseuse du FN, auteur de "Ces Français qui votent FN" :
"A l'effet du diplôme s'ajoute celui du genre. Les femmes, quelles que soient l'élection, se montrent plus réticentes à son égard. En 2002, si elles avaient été seules à voter, Le Pen serait arrivé troisième. En revanche, si seuls les hommes avaient voté, il serait arrivé premier. Deux types de femmes en particulier se distinguent. Les jeunes et diplômées, qui n'adhèrent pas au discours rétrograde du FN, remettant en cause les acquis du féminisme, et les plus âgées, catholiques et pratiquantes, qui adhèrent parfois aux idées du FN mais qui ont intériorisé le message de tolérance des Evangiles, et les condamnations répétées des idées du FN par les évêques de France."
Intéressant.
Juste un mot concernant le fond de la note, Marie-Adelaïde : je ne parviens pas à mettre la main sur l'appel signé par ces responsables socialistes, mais les extraits que j'ai pu en lire me font dire que tu caricatures leur propos. Leur appel s'inscrit surtout en réaction aux attaques contre Ségolène, et pas dans un soutien à Ségolène Royal du seul fait de son sexe (je cite "Autoritaire! Imprévisible! Incontrôlable! Légère! De tous temps, c'est ainsi qu'on a dévalorisé les femmes pour les assigner à ne pas sortir de leur condition. (...) Ces stéréotypes sommeillent encore dans notre société. Ce sont eux que Nicolas Sarkozy veut réveiller. (...) Disqualifier la candidate pour éviter la confrontation des projets, voilà la stratégie de campagne de l'UMP"). Ceci dit je ne trouve pas que Royal ait fait l'objet d'attaques sexistes, donc en ça on peut être d'accord. Si Ségolène Royal trouve que la bataille est trop dure pour elle, vraiment qu'elle ne se gêne pas pour renoncer.
Au-delà de cet appel, il est clair que le facteur sexe a joué un rôle important dans la désignation de Ségolène Royal. Ce que d'ailleurs je peux comprendre : comme tu le dis toi-même, M-A, peu de partis respectent la parité. Donc choisir une femme c'est faire du neuf. Et faire du neuf, c'est payant pour gagner une élection.
Mais ils auraient pu choisir une autre femme parce que franchement c'est pas Ségo qui changera la manière de faire de la politique en France. Jetez vous sur le bouquin Segolène, ombre et lumière écrit par Evelyne Pathouot, ancienne attachée parlementaire de Ségolène Royal dans les Deux-Sèvres. Le Figaro en publie les bonnes feuilles. C'est saignant. La candidate y apparaît comme étant du niveau d'un petit politicard de circonscription...
PS : L'image représente Marie Gouze, dite Olympes de Gouges, devant l'échafaud en 1793. Elle fut une des premières féministes, auteur en 1791 de la Délaration des droits de la Femme. Voilà pour la minute culture générale.

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