Au-delà des critiques vives que suscite cette déclaration (pour Marie-George Buffet, "accoler immigration et identité nationale renvoie aux épisodes les plus sombres de notre histoire"), je me pose la question : qu'est-ce que ça fait un Ministre de l'Identité Nationale ? Il arrive au Gouvernement, il s'attèle à quel dossier ? A part charmer les électeurs d'extrême-droite pour qu'ils votent "bien" aux élections législatives de 2007 et locales de 2008, il fait quoi?
Il change les paroles de la Marseillaise ? Il se gargarise de laïcité et de valeurs républicaines ?
Peut-être met-il en place des programmes renforcés de cours de Français pour les immigrants qui ne parlent pas notre langue. Mais dans ce cas-là, il existe un truc wouachement bien qui s'appelle l'Education Nationale qui pourrait s'en occuper.
Ils porteront sur quoi, les projets de loi du Ministre de l'Identité Nationale : sur le "rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord"?

Au final, je crois que Nicolas Sarkozy cède, déjà, à un penchant qu'il condamne : faire de la composition d'un gouvernement un outil de communication politique. Sur le strict plan de la cohérence gouvernementale, cette annonce présage mal de l'avenir s'il devient Président. J'imagine déjà un Secrétaire d'Etat à l'Amour de la Nation, un autre à la Discrimination positive, un autre à l'Exil fiscal, etc.

Et puis il faudra bien contenter toutes les composantes de l'UMP, et Santini, et Blanc, et Steevy, etc. Comme le disait Versac le mois dernier après le discours de Sarkozy sur le débauchage l'ouverture:

Sarkozy évoque l'idée de former un gouvernement d'ouverture s'il est élu. Soit. Il va donc inviter un centriste et une "personnalité de la société civile" parmi les 15 ministres qu'il a promis de ne pas dépasser dans son gouvernement ? Pas facile, a priori, de concilier ouverture, compacité de l'équipe et efficacité.