J'ai été marqué par ces 2 mois de travail à Mayotte (sur des problématiques de développement urbain). Dans quel sens ?
D'un côté je me disais qu'il était inévitable de voir des populations essayer coûte que coûte (je veux dire : quoi qu'il leur en coute) de rejoindre les pays développés. En particulier dans des endroits,comme à Mayotte, Gibraltar ou en Guyane, où les 2 mondes coexistent si brutalement.
D'un autre côté, il est aussi essentiel - si l'on met de côté les bons sentiments et que l'on fait preuve de réalisme - de préserver la stabilité du tissu social du pays ou de la région qui reçoit les populations étrangères. Au risque d'importer de l'instabilité et les problèmes. A Mayotte, j'étais frappé de voir comment le racisme commençait de prendre dans la population mahoraise, contre les immigrés des autres îles, alors que ces deux peuples étaient culturellement totalement frères ! Simplement, les autochtones étaient excédés de voir les comorais immigrés accepter de travailler au black pour trois fois rien, prendre des places dans les écoles déjà si bondées, etc.
Bien sûr, s'agissant de la Métropole, le problème se pose différemment de ce qu'il est à Mayotte : je crois que la France peut supporter une immigration suppléméntaire (allez lire ce Powerpoint réalisé par l'Institut National des Etudes Démographiques sur La contribution des migrations à la croissance démographique, en France et en Europe. Très didactique. Très étonnant). Le problème est la concentration des populations immigrées dans certaines zones. C'est pour cela qu'on ne peut envisager l'immigration sans la lier à l'intégration, voire à la politique de la ville. Et non pas à l'Identité Nationale !!
Je n'ai pas de solutions toutes faites. Voilà celles que propose François Bayrou : maîtrise de l'immigration clandestine et politique européenne de développement des pays d'immigration. En France, un ministre chargé de l'immigration regrouperait les différents aspects de ce vaste chantier . Je suis sûr en tout cas que le Président Bayrou mettrait en oeuvre avec plus de sensibilité, de mesure, d'écoute cette politique que la Président Sarkozy. Et sans tomber dans le laxisme et la démagogie des régularisations qui ne sont que des appels d'airs qui n'apportent aucune solution.
On en parle dans les commentaires.

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