Je suis choqué de la manière dont Ségolène Royal a congédié son Premier secrétaire de mari: - d'abord, l'article de Bacqué et Chemin dans Le Monde hier nous apprend qu'il a été informé de cette séparation par les journalistes auxquels Ségolène Royal s'était confiée, et qui voulaient ainsi vérifier l'info. Dur travail que celui de journaliste : vous vous imaginez "Bonsoir M. Le Premier Secrétaire, votre compagne nous dit vous avoir plaqué. Vous confirmez ? Et vous l'auriez trompé. Juste ?"
- ensuite, elle le fait à un moment précis qui ne laisse aucune doute sur ses intentions politiques. En prévoyant une diffusion de l'info le lundi 18 juin à 6 heures du matin, elle escomptait clairement, en cas de déroute du PS, enfoncer davantage son 1er secrétaire; et en cas de surprise dans les urnes (ce fut le cas dimanche), troubler sa victoire, la lui voler presque, en le muselant pendant la soirée électorale (d'ailleurs on a quasiment pas entendu Hollande dimanche soir dans les médias). Coup réussi pour S. Royal... Chipie.
- surtout, elle ne se contente pas de révéler cette séparation , elle étale aussi le fait que F. Hollande serait en train de vivre une "histoire sentimentale". Atteinte à sa vie privée, cette précision est méprisante envers lui. C'est, comme le disait Denis Tillinac au micro de RTL l'autre soir, comme si elle lui avait dit "d'aller baiser la première radasse venue" ! (définition d'une radasse).
Mais on pardonne beaucoup à la femme blessée. Et encore davantage à la femme qui place ses actes dans le droit fil du long chemin pour la libération féminine, comme c'est le cas ici encore. J'aimerais bien savoir ce qu' Eric Zemmour pense de tout ça, qui, quand il n'écrit pas dans Le Figaro, revêt le costume de Défenseur de la Virilité Eternelle et Poilue.
Je ne sais ce qu'il adviendra de F. Hollande. Si sa carrière venait à se terminer sur 10 ans à la tête du PS, je trouve que, comme pour Alain Juppé, nous perdrions quelqu'un. Certes, je le trouvais toujours trop langue de bois, trop friant des ficelles réthoriques, et gauchisé artificiellement dans ses prises positions (la fonction de 1er secrétaire pousse à cet excès). Mais j'aurais aimé le voir aux manettes d'un ministère et jaugé le bonhomme dans l'exercice du pouvoir.


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