Le calepin de BeM, militant UDF

18 juin 2007

Les futures nominations au gouvernement : mon pronostic

Le titre parle de lui-même, alors on y va direct pour mon pronostic gagnant, dans le désordre :











  • Secrétaires d'Etat auprès du MEDAD

Nathalie KOSCIUZCKO-MORIZET  (à l'Environnement, voire à l'Energie)

Laurent WAUQUIEZ (à l'Aménagement du territoire, éventuellement sous une autre dénmination : "Cohésion des territoires" "Ruralité").
Autre possibilité dont personne ne parle pour Laurent Wauquiez, mais dont je trouve qu'elle ferait sens vu ses travaux parlementaires : appuyer Valérie Pécresse pour les questions étudiantes (du genre Secrétaire d'Etat à la Vie Etudiante). Ils ne seront pas trop de 2 pour rabibocher cette frange de la population avec le président Sarko.

  • Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Economie et de l'Emploi

Valérie LETARD (à l'Emploi)
Luc CHATEL (à la Consommation)

  • Secrétaire d'Etat auprès du Ministre des Affaires Etrangères

Ramatoulaye YADE (à la Francophonie)

  • Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Intérieur
Jean-Christophe LAGARDE (au Kärcher) $$mais au kärcher soft, le kärcher démocrate$$

Pourquoi pas Jean-Marie BOCKEL, pour les Collectivités
Président de l'association des Grandes Villes de France, il incarne l'aile droite du PS - 0,67% pour sa motion en 2006 - et avait été approché pour le gouvernement Fillon 1.

  • Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Immigration et du Développement

Christian ESTROSI (Co-Développement)
Ou à vrai dire n'importe quel autre portefeuille qui puisse le consoler de la présidence du groupe UMP (sauf la Francophonie, puisque comme il le confiait récemment, « L'Outre-Mer, c'est des voyages sans arrêt à l'autre bout du monde qui ne me feront pas gagner un point localement »)  

Au final :

  • 3 femmes et 4 hommes
  • 2 centristes, 2 sarkozystes, 2 juppéistes + Wauquiez qui a été tour à tour les trois  :-)
  • bonne répartition géographique (de la Provence et du chti, de la banlieue et de la France profonde) 


Ah! j'oubliais. Puisque ces deux postes feront aussi partie du grande mercato pré-remaniement, je donne aussi mes pronostics pour :

  • Présidence de l'Assemblée Nationale : François BAROIN
  • Présidence du Groupe UMP : Jean-François COPE 

Par contre je ne donne aucun pronostic - ce serait trop long et hasardeux - pour les autres fonctions qui vont servir de lot de consolations, tels magistrat à la Cour des Comptes, ambassadeur, voire le super-lot de consolation Commissaire européen (occupé actuellement par Jacques Barrot, le poste se libère en 2009, j'imagine qu'Alain Lamassourre ronge son frein). Sans parler des quelques sociétés nationales, de certaines autorités administratives ou des postes qui, sans être à la discrétion du gouvernement, ne peuvent être gagnés sans le soutien du pouvoir en place et son Hyperprésident.

De quoi ravir tout le monde, au final. Et tous les autres, ceux qui restent malgré tout sur le carreau, seront renvoyés à leur condition, triste condition, de simple député. Mais qu'ils se réjouissent ! Le cumul a encore de belles heures devant lui, si l'on en croit les premiers signes que donne la majorité ! Et pour les ultimes déçus, qui n'ont pas encore de base électoral suffisante pour se trouver une circo ou une grosse collectivité, c'est le Conseil Economique et Social qui régale. Faut bien qu'il serve...

17 juin 2007

Liveblogging Deuxième tour des législatives

Sans doute aucun internaute ne viendra me lire ce soir, mais tant pis, je tente un liveblogging!

  • 20h00 
Yes ! Content de voir que le tsunami n'est qu'une vague bleue. Très étonnant ce résultat. Jamais je n'aurais cru à un score plus faible que 2002
C'est mesquin, mais je suis content aussi de voir que le Nouveau Centre n'a que 17 députés pour le moment. Il aura besoin de quelques élus MoDem. Ca les forcea à se rabibocher !!

  • 20h30
Mais qui est ce troisième larron élu du MoDem, Thierry Benoit ? Un homme de terrain apparemment, plutôt une bonne tête (on dirait Maurice Leroy jeune, non ?) , proche de Jean Arthuis et naviguant habilement entre UDF et UDF MoDem

  • 20h35
C'est fou :  MG Buffet a dû dire 20 fois le mot "gauche" en 3 minutes d'intervention....

La journaliste de France 3 (celle avec le délicieux accent antillais) à Bartolone : Cette fois-ci, vous n'avez pas misé sur le "Tout sauf Sarkozy" mais sur "tout sauf TVA"  !!! Elle a raison !

  • 20h45
Merde. Didier Jullia est réelu. Un des plus vieux députés de l'Assemblée.  Dommage pour son adversaire Diver Droite D. Valletoux, jeune maire de  Fontainebleau, ancien journaliste aux Echos.

  • 20h55
Julien Dray et Manuel Valls oui.  Des acteurs  majeurs pour la refondation-du-logiciel-du-ps? V. Peillon n'est pas élu. Dommage, j'avais plaisir à l'écouter. En plus c'est un philosophe (prof de philo je crois), il en manque sans doute à l'AN. Que va-t-il faire mainenant ? La mairie d'Amiens : ce sera dur, avec Gilles de Robien qui  a refusé d'aller aux législatives pour se concentrer sur une ville à laquelle il a tant apporté.

  • 21h
Arnaud Montebourg a eu chaud. Il peut dire merci à Borloo et à sa TVA sociale... Il garde toujours ce petit sourire satisfait, qui m'insupporte. Il se la jour vraiment trop. Il a du apprendre avec un certain plaisir l'échec de l'ancien rival de son courant au PS, Vincent Peillon.

  • 21h10
Coup de tonnerre : Alain Juppé battu !!! Le pauvre, il en aura vraiment bavé. Je trouvais qu'il était un excellent choix pour le Ministère de l'Environnement. Il sera très très dur à remplacer à mes yeux.  Maintenant il doit respecter la règle imposée par Fillon. Ca doit être dur pour lui : respecter une règle qui  n'handicape que lui, et imposée par un de ses anciens ministres. Sa fin de carrière ne lui aura épargné aucune difficulté.

  • 21h20
Renaud Dutreil : "Borloo devra s'expliquer". Les législatives feront-elles une deuxième victime parmi les membres du gouvernement ?

  • 21h25
Le "Je ne vous ai pas coupé, ne m'interrompez pas." se porte plutôt pas mal ce soir.

  • 21h30 
XAvier Bertrand perd des points : il est un peu arrogant face à François Bayrou, avec des arguments qui frisent l'argument d'autorité, qui semblent dire "Ta gueule, t'as 3 députés, le Modem"
  • 21h33
Juppé battu à 600 voix près. Voilà surprise de la soirée, de quoi nourrir un paquet d'éditos, de billets. Toute élection réserve ses surprises. Ne jamais croire que c'est gagné.
Pourquoi Pujadas n'annonce-t-il pas en avance que Juppé se retire de la vie politique ? :-))

  • 21h40
Vraiment dommage que Juppé soit battu : je ne vois pas qui peut assurer la tête de ce ministère géant du Développement durable. Il faut revoir tout un pan du gouvernement, c'est sûr.
Comme en 2001, quand la victoire de la droite aux municipales était éclipsée par la perte de la première des villes (Paris), la victoire de la droite à ces législatives ne pèsera que peu : tout le monde ne verra que l'échec majeur d'Alain Juppé.

  • 22h11
Bon allez j'arrête ce soir avec les élections. Ma soirée électorale se termine sur France 3 par la confirmation de deux résultats décourageants pour le renouvellement de la représentation nationale (la réélection de Didier Julia et de Maxime Gremetz. Pitié...) et de deux résultats encourageants pour le Modem : l'élection de Yves Cochet et de Sandrine MAzetier (face à Klarsfeld) prouvent que même sans accéder aux deuxième tour, le MoDem est une force avec laquelle il faut compter, au moins à Paris.

Bonsoir.
A vous Cognacq-Jay.

Vais-je voter auourd'hui ? - Dilemme devant le non-renouvellement de l'offre politique

Maitre Eolas aime jouer avec nos nerfs : en lisant son dernier billet intitulé "Pourquoi je ne voterai pas dimanche", je m'attendais à un vibrant plaidoyer pour l'abstentation. En fait, il n'est est rien : son député a été élu au premier tour,voilà tout, et son billet s'avère être un réquisitoire contre la proportionnelle.
Dans mon cas, par contre, l'interrogation est réelle : j'hésite à aller voter. Pire même : je pousse le vice anti-civique très loin, puisque j'hésite à donner une consigne de vote à la personne à qui j'ai donné procuration. La fainéantise n'a donc rien à voir avec mon manque d'enthousiasme pour ce scrutin : je n'ai pas à me déplacer au bureau de vote, pas à faire la queue, juste à prendre mon téléphone et indiquer mon choix.

Mais le choix est difficile. Juger plutôt de la piètre offre politique qui m'est proposée aujourd'hui :

  • d'un côté le challenger  socialiste : sans charisme, sans enthousiasme, ne rassemblant même pas son camp, entouré d'histoires de magouilles qui date de l'époque où il était conseiller municipal, il est surtout là pour gagner des points en vue de futures investitures.  Je suis allé l'écouter en meeting, et c'est franchement pas la gauche moderne. C'est pas avec des types comme ça que moi, le démocrate-chrétien, je franchirai le rubicon pour basculer à gauche le temps d'un vote de second tour !
  • de l'autre coté le sortant UMP, qui sollicite son neuvième mandat. Vous avez bien lu : neuvième mandat. Ca existe, des députés qui se disent. "j'en ai fait huit, mais j'en reprendrais bien un neuvième pour la route". Des élus qui espèrent nous faire croire qu'en 30 ans, on n'a pas encore fait le tour de la fonction, qu'en 5 années supplémentaires, on fera ce qu'on a pas fait dans les 30 précédentes. Il a commencé par être un jeune sénateur, puis a été élu député sans discontinuer depuis 1978.

Franchement des carrières de parlementaires aussi longue, j'ai tendance à penser que ça fait honte à notre vie politique. Comment ose-t-on se représenter au bout de tant de mandats?

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16 juin 2007

Analyse du CEVIPOF

Le CEVIPOF publie sur son site deux analyses courtes, simples et qui résument bien les enseignements de la dernière élection présidentielle

Comme on peut le voir, cette élection présidentielle a un impact sur le renouvellement de la vie politique française : affirmation d’une droite sarkozyste en rupture relative avec la droite chiraquienne, tentative d’affirmation d’un centre autonome avec la création d’un « mouvement démocrate », possible inflexion de la stratégie du PS dans les années qui viennent… Cette élection marque une véritable rupture dans la vie politique française : rupture des générations, changement de style, évolution du système des partis et du jeu des alliances, évolution des axes programmatiques.

Des dynamiques fortes d’entre deux tours très articulées au niveau de l’électorat de François Bayrou
Les dynamiques électorales les plus fortes rencontrées par les deux candidats l’ont été en général dans les terres où le candidat de l’UDF avait capitalisé au premier tour un fort électorat autour de 20% et plus des suffrages exprimés. Cet électorat s’est partagé, différemment d’une région à l’autre, entre les deux candidats.

Les trois plus fortes dynamiques de Nicolas Sarkozy par rapport au total des voix de droite du premier tour (Sarkozy+Le Pen+De Villiers) sont enregistrées en Alsace (+13,5 points), en Rhône Alpes (+10,9 points) et en Basse Normandie (+10,8 points). Ce sont trois régions où François Bayrou avait atteint plus de 20% au premier tour.

Il en est de même pour Ségolène Royal qui enregistre ses plus fortes progressions par rapport au total des voix de gauche du premier tour dans trois régions : la Bretagne (+13,3), l’Aquitaine (+12,6) et l’Auvergne (+11,5) ou François Bayrou avait dépassé la barre des 20%, quinze jours auparavant.



Argumentaire caché contre Bayrou...

Je découvre via le blog de Jean Véronis, atypique et toujours pleins de surprises, que Big Google a gardé dans son cache les pages du site http://toutsurbayrou.parti-socialiste.fr qui  daubait à fond sur notre candidat, à l'époque où il était à quelques points de Ségolène Royal dans les sondages, et où donc, c'était un horrible type de droite. Depuis, le premier tour est passé par là, les partenaires traditionnels de la gauche se sont fait laminer et une partie des responsables socialistes ont été amenés à voir dans le centre de François Bayrou une éventuelle force d'appoint. Donc le site - tout à fait officiel, puisque c'est un sous-domaine de parti-socialiste.fr - a été effacé. 

Le 27 février : Aujourd’hui, le centre que François Bayrou n’a plus un sens autre que tactique. Car il n’est pas « neutre » -contrairement à ce qu’il prétend- il est enraciné dans la droite, à la fois dans les faits et dans les idées.
Le 19 mars : L'escroc poujado Miguet appelle à voter Bayrou, "qui a repris une partie de nos idées"

Ce site-rejeton du PS renvoie aussi à un site qui est toujours en ligne, mais dont les arguments ne volent vraiment pas très haut. J'invite les militants UDF-MD qui passent par ici à aller y poser quelques commentaires :  http://www.labayrousina.fr/

Toujours grâce à Google, et au travail d'un blogueur, on peut relire les billets archivés du très savoureux du très mystérieux François-Mitterrand-2007, qui a subitement tout effacé, dès qu'on a commencé à pisté son identité... Il se murmure que ce serait Bruno Roger-Petit (ancien présentateur du JT nocturne de France 2), lequel dément. ici.

15 juin 2007

Les points chauds du second tour



Pour redonner un peu d'intérêt à ce second tour au résultat si prévisible, les médias se focalisent sur quelques individualités en danger. Le Figaro résume ces duels à observer de près avec une infographie bien faite, qui redonne les scores du premier tour d'une trentaine de circonscription. Le résultats de ces circonscriptions sera important car ils concernent des figures de l'oppposition : ainsi, au-delà du scores national, ces résultats locaux vont consacrer ou mitiger la victoire de l'UMP (selon que seront éliminées ou préservées quelques figures importantes de la campagne de Ségolène Royal et de l'opposition socialiste).

Si demain, Arnaud Montebourg ou Julien Dray ne sont plus députés, alors la raclée prendra un tour différent, pour sûr.

Ces duels seront d'autant plus intéressants pour nous, militants,  que le MoDem est arrivé troisième dans plusieurs cas. Sans parler des trois circonscriptions où un candidat Mouvement Démocrate est qualifié pour le second tour (2 dans les Pyrénées Atlantiques et une dans le Val-de-Marne).

3 juin 2007

Le PiSSEnLit - Nouveau Centre : mauvais départ ?

Le Nouveau Centre est né : ils ont un site (www.le-nouveaucentre.org), un bulletin d'adhésion (ne perdons pas de vue l'essentiel !) à 20 euros (même tarif que le MoDem ), une petite rubrique Idées qui dit l'essentiel.




Dommage pour eux que ce lancement soit gâché par la publication de la liste des candidats investis PSLE (c'est impossible à prononcer ce sigle ! ils ont bien fait de changer de nom :  moi je commençais à parler des candidats "Pissenlit"!!!), comme le détaille cet article du Monde.

Le Monde.fr : Les UDF ralliés à Nicolas Sarkozy dénichent 80 candidats

Cependant, trouver des candidats quand on n'a pas encore de parti n'est pas chose facile. Les deux chefs d'orchestre de l'opération, Maurice Leroy et Hervé Morin, ont donc dû bricoler.

La liste du PSLE est étonnante. On y relève pas moins de cinq candidats portant le patronyme de "Morin", dont la propre épouse du nouveau ministre de la défense, Catherine Broussot-Morin, candidate dans les Hautes-Pyrénées. Lui-même se représentte dans l'Eure. Julien Morin est candidat en Seine-Maritime, Lisa Morin à Paris et Philippe Morin dans le Pas-de-Calais. Outre Maurice Leroy, candidat à sa propre succession dans le Loir-et-Cher, se présentent également Bernard Leroy dans l'Eure et Philippe Leroy dans le Nord. La nouvelle formation compte pas moins de trois Pourdieu briguant un mandat de député : Brigitte dans les Landes, Jean-Pierre en Meurthe-et-Moselle et Stéphanie dans les Hauts-de-Seine.

Là ne s'arrêtent pas les surprises. Les collaborateurs du groupe UDF sortant de l'Assemblée nationale ont aussi été mis à contribution. Alexandre Fontana, l'ancien attaché de presse qui a suivi son patron au ministère de la défense, se présente dans la Creuse. De même que Véronique Bucaille dans l'Ariège, Drifa El Harouat en Haute-Vienne, Muriel Montero dans le Nord ou encore Damien Abad dans les Yvelines. Même les deux chauffeurs du groupe, Marc Bisson dans le Lot et Pascal Fiaut dans le Tarn, ont été enrôlés.



J'apprends également par le blog collectif du 92 que Santini apporte son soutien à une personne peu recommandable, ce qui ne donne pas envie de rejoindre ce parti.
Mon92.Com, un blog sur les Hauts-de-Seine: Quand André Santini, du "Nouveau Centre", soutient une candidate UMP des Hauts-de-Seine...

Dans les Hauts-de-Seine, on cherche le centre indépendant.... Ce courrier de soutien d'André Santini, animateur du "Nouveau Centre", en faveur de Joëlle Ceccaldi-Raynaud, députée-maire UMP de Puteaux,


Versac déplore également le côté repoussoir du suppléant choisi par André Santini (ou plutôt imposé à lui, puisqu'il s'agit de F. Lefebvre, conseiller parlementaire de Sarkozy).


Ceci dit, on aurait tort de baser son choix - d'adhésion à la démarche UDF-MoDem ou de départ pour le Nouveau Centre - sur ces seuls épiphénomènes (de même que de nombreux commentateurs - Page2007, Mehdi OUrahoui, Hervé Torchet, Laurence d'Eklectik ou encore MrY) font fausse route en arguant de la non-investiture de Quitterie dans le XIIIeme de Paris pour vouer le MoDem aux gémonies et voir en lui un avatar de la vieille politique , à rebours de ses promesses de renouvellement  de la démocratie.)

Méfions nous de l'écume. Toujours. Moi je jugerai sur pièce : le Nouveau Centre critiquera-t-il publiquement l'action de la majorité présidentielle ou votera-t-il docilement tous les projets de lois ? Le Mouvement Démocrate le sera-t-il ? Saura-i-t-il être une force de proposition constructive ?


2 juin 2007

Blogs collectifs d'élus sur Lexpress

La mode des bloggueurs invités  : Le Nouvel Obs a ses invités (parmi lesquels Askénazy, ou précédemment Martin Hirsch je crois) et l'Express avait invité pendant l'élection présidentielle deux députés (Gaëtan Gorce pour le PS et Valérie Précresse pour l'UMP) à se répondre du tac-au-tac.

Ce journal réitère l'expérience, en invitant trois figures de ces législatives à poster des billets : Najat Vallaud-Belkacem (PS) à Lyon, Marielle de Sarnez (UDF-MoDem) et Arno Klarsfled à Paris (UMP)
Elections législatives 2007

Chaque jour, jusqu'au 17 juin, ils tiendront ici leur journal de campagne.

Pour l'instant les auteurs tiennent promesses, deux ou trois billets chacun alors que le blog vient d'ouvrir. Arno Klarsfeld répond à la critique qui fait de lui un parachuté


C'est là une critique cocasse: elle émane de partis de gauche et d'extrême gauche favorables à une régularisation massive des sans-papiers, à l'ouverture des frontières nationales mais qui se ruent pour bouter hors du douzième celui qui habite à une dizaine de minutes à vélo... On les entend d'ici: "dehors l'étranger! Raus du douxième le métèque!" Peut-être bientôt faudra-t-il comme Le Pen l'exige présenter des quartiers de noblesse électorale et démontrer que le candidat a quatre grands parents nés et élevés dans la circonscription. Vite un droit du sol et un droit du sang pour le douzième... Chaque Parisien a des souvenirs dans chaque arrondissement de Paris et Paris appartient à tous les Parisiens.



(En parlant de parachutaage, si vous avez la possibilité d'avoir entre les mains cet ouvrage collectif des Presses de Sciences po consacré au parachutage, lisez le chapitre "Décalogue du parachuté". Très drôle.)


Marielle de Sarnez innove en ajoutant des photos prises dans un troquet du XIVeme. Très bonne idée.

31 mai 2007

L'autre élection

Hier Max Gallo a été élu au fauteuil n° 24 de l'Académie Française, occupé jusqu'en 2006 par Jean-François Revel (et avant lui par Colbert, Jean de La Fontaine ou Sully Prud'homme...). Cinq autres élections auront bientôt lieu, puisque plusieurs Académiciens ont récemment montré qu'ils étaient bien mortels... : Jean-François Revel, Bertrand Poirot-Delpech, Jean-François Deniau, Henri Troyat, Pierre Moinot et René Rémond.

L'Express publie un papier intéressante sur la dernière élection. S'y glisse quelques noms d'éventuels futurs postulants putatifs :

LEXPRESS.fr - Académie française : Gallo ou Imbert? Histoire secrète d'une élection - L'Express

A qui le tour? Outre celui de Jean-François Revel, cinq autres fauteuils vont être pourvus dans les mois à venir. Pour les occuper, plusieurs noms circulent, avancés par les intéressés eux-mêmes ou par certains académiciens. On peut citer Simone Veil, Danielle Sallenave, Mona Ozouf, l'un des Badinter (Elisabeth ou Robert), Edouard Balladur, Jacques Julliard, Luc Ferry, Guy Dupré, Pierre Bergé, Jean-Noël Jeanneney, Patrick Besson, Jean Echenoz...



J'aurais bien vu aussi Bernard Pivot, mais il explique dans cette interview que cette perspective ne l'enchanterait guère. Pop pop pop, pas de fausse pudeur.
Et aussi un représentant supplémentaire de la francophonie. Les prix littéraires fin 2006 ont honoré les auteurs n'étant pas originaires de France : le Goncourt à J. Littell, le Fémina à N. Huston, le Renaudot à Mabanckou. Mais l'Académie n'accueille pour l'instant que  :
* Assia Djebar, née en Algérie
* Françoic Cheng, né en Chine
* Hector Bianciotti, né en Argentine, d'origine piémontaise
* Angelo Rinaldi, né à Bastia $$ petit clin d'oeil à un lecteur corse ;-)

Autre question  : Jacques Chirac suivra-t-il la voie de Valery Giscard d'Estaing ?

11 mai 2007

Le choix des députés UDF sortants en images

Image_4.png Le Figaro propose une infographie intéressante aujourd'hui : sur une carte où sont localisées les circonscritpions des députés UDF, on peut mettre en relation leur choix de rester dans le Mouvement Démocrate ou de soutenir Nicolas Sarkozy, et - intéressant - le score qu'a réalisé le candidat UMP [1] dans leur circonscription.

Sur les 5 soutiens de Bayrou - c'est très peu quand même - 3 en plus de Bayrou lui-même voient Ségolène Royal dépasser Nicolas SArkozy dans leur territoire. Par contre, NS arrive en tête dans TOUTES les circonscriptions des députés qui l'ont rallié.

Je suggère 2 manières de lire cette relation :

  • logique : un député, c'est le représentant de la population, il est donc logique que dans une circonscription qui est plus "à droite", le député appartienne lui-même à un courant de valeurs et de pensée qui le font pencher sincèrement vers la majorité présidentielle.
  • cynique : les députés qui ont rallié Nicolas Sarkozy auraient peut-être bien volontiers soutenu François Bayrou dans sa démarche social-démocrate, mais ils veulent se faire réélire et une l'analyse des résultats de l'élection présidentielle dans leur ciro leur ont montré que la droite y étant majoritaire, il valait mieux aller dans le même sens. A l'inverse, les députés qui soutiennent Bayrou espèrent récupérer une part des voix de la gaucehe, majoritaire dans leur circonscription.

Notes

[1] jusqu'au 16 mai, c'est pour moi le candidat UMP. Na !

Impressions d'après-Conseil National

J'étais hier au Conseil National de l'UDF à la Mutualité, salle parisienne mythique où l'UDF a l'habitude d'organiser depuis quelques années celles de ses rencontres et meetings qui se tiennent à Paris (alternativement avec le Palais des congrès d'Issy-les-Moulineaux).

Un mot sur l'instance

Un Conseil National, c'est une des instances de l'UDF, dont la mission est, selon l'article 8 des status de notre parti, de "définir la politique générale de l'UDF dans les programmes qu'il approuve et dans les motions qu'il vote.". Il se compose d'un collège de membres de droits rassemblant large puisqu'il comprend tous les élus nationaux et locaux (sauf les conseillers municipaux), et un collège de membres élus dans chaque fédération à raison d'un conseiller pour 10 adhérents. Il est convoqué par le Président ou la majorité des membres du Bureau Politique. Le dernier avait eu lieu en juin 2006, et avait donné lieu à de mémorables moments où Hervé Morin et Maurice Leroy condamnaient avec les mots les plus durs l'attitude de Gilles de Robien et défendaient avec ferveur la ligne centriste de l'UDF. Mais c'était il y un an, et en politique, un an c'est un siècle, c'est une éternité. [1]

J'arrive vers 10h. Beaucoup de monde à l'entrée. Je remarque quelques hauts fonctionnaires que j'ai croisés dans mes études (sont-ce eux, les Gracques ? ). Dans la salle, Bayrou a commencé son discours. Je remarque que devant sa chaise, sur la table de tribune, trône son Macbook noir. Il ne peut plus s'en séparer décidémment !! A-t-il l'intention de surveiller l'arrivée d'une dépêche annonçant un nouveau ralliement ou une défection supplémentaire ? Veut-il se tenir au courant du dernier état des demandes de pré-adhésion au Mouvement démocrate, dont il nous donna avec gourmandise les chiffres à la fin de son discours (22000 demandes depuis le second tour...) ? Ou peut-être est-ce une précaution pour pouvoir s'occuper utilement pendant certaines interventions, puisque dans un Conseil National, chacun peut demander son tour de parole, sans toujours qu'elles apportent beaucoup d'eau au moulin...

Bilan de l'intervention de Bayrou

Les satisfactions

  • il dissipe une première rumeur : la marque " UDF " ne saurait appartenir à d'autres personnes que... les militants. Il confirme que la marque a été déposée par un membre de l'UMP, qui avait quitté l'UDF depuis 2 ans, et sans qu'il n'ait été mandaté pour ce faire par une quelconque instance du parti. Il nous donne ainsi, je crois, un des arguments que pourrait utiliser Michel Mercier, car François Bayrou lui a demandé d'initier des poursuites judiciaires pour "mettre un terme à cet abus de confiance". Il a raison.
  • il dissipe une deuxième rumeur, qui inquiétait beaucoup de militants, à en juger par les applaudissements qui accueillirent cette précision : aucune négociation avec le PS n'est en cours; Pas un mot, pas une phrase. Nada.
  • deux standing ovations : quand il affirme l'urgence de faire émerger des nouvelles têtes et conseiller de ne pas se préoccuper des sortants mais des "entrants" ; quand il affirme ne pas avoir envie de faire de l'UDF un supplétif du PS après avoir l'avoir été si longtemps de l'UMP.
  • il fait non de la tête quand Corinne Lepage parle "d'opposition" (même si en l'espèce elle parlait d'opposition constructive) : il a raison, le MD n'a pas vocation à faire partie de l'opposition. Ni de la majorité d'ailleurs... Faudra-t-il que, comme l'a décider le CSA dans en juin dernier à propos du temps de parole des députés UDF , "l'appartenance à la majorité ou à l'opposition parlementaire s'applique à des personnalités et non à des formations politiques?"
  • j'ai aussi apprécié que Bayrou fasse cesser les sifflets, pour que nous présentions l'image d'un "mouvement ouvert d'avant-garde ouvert au débat.
  • le Conseil National a été amené à voter sur une résolution qui ne crée pas le Mouvement Démocrate mais "appelle à la constitution d'une force politique nouvelle, indépendante, ouverte". Bayrou insiste : c'est conforme à la logique de rassemblement de différentes forces et respectueux de nos futurs partenaires, dont plusieurs verts d'ores et déjà (Corinne Lepage, JL Bennahmias, peut-être Antoine Waechter [2])
  • le Congrès constitutif n'aura lieu qu'à l'automne 2007 : celà laisse le temps de se préparer, et l'UDF ne disparaôt pas tout de suite, laissant aux candidats aux législatives la possibilité de se présenter sous l'étiquette "UDF-Mouvement Démocrate"

Les regrets

  • Pas ou peu de sons de cloches discordants ; ce genre de manifestations sont plutôt à vocation informative, souvent acclamative, rarement délibérative.
  • Certains sifflets sont montés de la salle quand Bourlanges s'exprimait. C'est honteux. Il y a vraiment des excités à l'UDF, des spécialistes de l'oukaze. Drôle de se rappeler qu'il y a peu, la principale figure de cette frange "dure" était Momo Leroy, aujourd'hui aux côtés de ce à qui il jetait l'anathème ....
  • François Bayrou ne répond pas à la question importante : comment fait-on pour avoir un groupe parlementaire si, comme il l'a dit, nous allons rester indépendants, sans accords sans désistements, sans l'ombre d'une phrase, d'un mot, d'un coup de file avec qui que ce soit?

A la fin de son intervention, je reste 10 minutes le temps d'écouter Gilles Artigues (député de Saint-Etienne ; a voté blanc) et Véronique Fayet (adjointe à Bordeaux, candidate aux législatives). Puis serrage de quelques mains : "Alors tu restes au MD?" ; "Et un tel, qu'est-ce qu'il fait?" "Et tu l'as eu ton investiture?". Je passe aux stands argumentaires et Internet pour poser quelques questions pour le compte des candidats que je soutiendrais en Haute-Loire.

Mon sentiment final à l'issue de ce CN est que François Bayrou est prêt à tenter le pari de se passer d'un groupe parlementaire, de s'appuyer sur les élections locales de (2008, 2010 et 2011) et européenes (2009) pour enraciner le MD, et de le structurer en une force de proposition largement ouverte à la "société civile" et aux déçus de l'UMP, du PS et de l'éologie. De jouer l'opinion publique et la popularité d'une force alternative contre la représentation nationale. De jouer la Province contre Paris.

Ce pari peut-il réussir ? Est-il conforme à mes convictions ?

Notes

[1] aux coul-eeeeuuuurss de l'été indie...

[2] et son castor

9 mai 2007

Record (pas) battu pour Sarkozy

Dans le docu de Moati diffusé lundi soir, un passage m'étonne : Roselyne Bachelot, émue, commente la performance de 1er tour de Sarkozy : il battrait selon elle le record de voix recueilli par un candidat de droite, au premier tour d'une élection présidentielle, sous la Veme République. L'entendant, je métonne : Sarkozy aurait rassemblé plus de voix que les De Gaulle ou Pompidou ? Eh bien oui!!

  • 1965 - Charles De Gaulle: 10 828 521 (44,65%)
  • 1969 - Georges Pompidou : 10 051 783 (44,47%)
  • 1974 - Valéry Giscard d'Estaing : 8 326 744 (32,60%)
  • 1981 - Valéry Giscard d'Estaing : 8 222 432 (28,32%)
  • 1988 - Jacques Chirac 6 063 514 : (19,96%)
  • 1995 - Jacques Chirac : 6 348 696 (20,84%)
  • 2002 - Jacques Chirac : 5 665 855 (19,88%)
  • 2007 - Nicolas Sarkozy : 11 448 663 (31,18%)

Sauf que.

Sauf que cela tient autant à la démographie qu'à la remarquable performance du candidat UMP le 22 avril.

Progression du corps électoral (nombre d'inscrits sur les listes électorales) :

  • 1965 - 28 910 581
  • 1969 - 29 513 361
  • 1974 - 30 602 953
  • 1981 - 36 398 859
  • 1988 - 38 179 118
  • 1995 - 39 993 954
  • 2002 - 41 194 689
  • 2007 - 44 472 834

Entre les années 1960 et aujourd'hui, le corps électoral a crû de près de 60%. !! Le score en voix du "candidat de droite" arrivé en tête au premier tour a lui crû de 0,8%. Ca relativise les choses...

Nouvel habillage pour ce blog.

grande_salle_opera_de_lille.jpgJ'ai (encore) fait des travaux, dans un style tapisserie opéra (disons même Fouquet's, puisque c'est à la mode !) avant de lever à nouveau le rideau. C'est grâce au talent de Pyeb, dont j'ai mixé deux thèmes: Thames Street pour les motifs rouges, et Slottsbacken pour l'économie générale.

La bannière représente un ciel encombré, à l'image de l'UDF en ce moment. Mais je garde sous le coude un ciel ensoleillé... Et des paysages de Haute-Loire aussi ; j'essaie de trouver un moyen de les faire s'afficher aléatoirement à chaque chargement de page. Ce sera du plus bel effet. J'ai finalement repris la bannière sous forme de nuages de tags qu'utilise Kozlika dans son thème Hermione. J'ai importé les (quelques) billets que j'ai écrits dans le blog militants de Fluctuat, qui, à ce que j'ai compris, ne devrait pas poursuivre au-delà des échéances de 2007. Une belle aventure, même si j'ai eu - je le regrette - du mal à mener la campagne de manière assez active, tout en prenant le temps de la commenter régulièrement. Dur dur, le blogging. Certaines révélations ou consécrations de cette campagne, qui ont vu leurs fréquentations et leur nombre de commentaires exploser, me laisse admiratif.

Les blogs se sont installés en France, à l'occasion de cette campagne. A nous d'investir plus que jamais la blogosphère pour faire vivre un projet de rassemblement, qui risque de ne pas recevoir dans les urnes en juin prochain, une réprésentation parlementaire à la hauteur des espoirs qu'il a suscité dans la société.

8 mai 2007

Moati frappe encore

J'ai regardé le documentaire La Prise de l'Elysée réalisé par Serge Moati. Un bon petit documentaire, avec les protagonistes favoris du réalisateur, que l'on retrouve souvent sur son plateau de France ou dans les reportages de 60' qu'il diffuse parfois dans les riposes spécial : Nadine Morano, Jean-François Copé, Roselyne Bachelot... Mais je trouve qu'il vient un peu tôt ce documentaire. C'était manifestement la volonté de France 3, de battre le fer tant qu'il est chaud. Mais en ce moment on sature au niveau information et documentaire. Ce reportage aurait plus d'intérêt dans un mois ou deux, sous la forme d'un retour sur l'évènement. On sature ! Faut laisser dégorger le citoyen !

Tiens là encore, je suis en train de regarder un documentaire sur La Chaine Parlementaire. Réalisé par D. De la Villardière (qu'on a vu sur M6), il retrace le parcours de Sarkozy. Incroyable de partialité et de lèche-cul présidentiel ce reportage. Rien à voir avec le regard ironique et avisé de Moati. Bref.

La phrase de conclusion - prononcée par Moati sur des images de meetings - m'a donné la chair de poule :

Regardez bien ces images. C'est hier et c'est déjà de l'histoire. Foule. Foules de droite et foules d'extrême-droite. Foules de gauche et foules d'extrême-gauche. Foules du centre et foules d'ailleurs. Foules des militants et foules des ferveurs. Certains ont gagné, et d'autres ont perdu. C'est hier et c'est déjà de l'histoire. Ce sont ces foules qui en sont les véritables héroïnes. Elles ont, en votant, fait triompher la démocratie.

C'est vrai que c'était émouvant cette ferveur. Militants UDF, qui nous réjouissions du formidable Congrès extraordinaire de Lyon de janvier 2006 parce qu'il avait rassemblé ... près de 2000 personnes, nous sommes retrouvés dans cette aventure au milieu de foules inattendues de près de 9000 personnes à Lyon, 11 000 au Zénith, 18 000 à Bercy !! Noyés. Emportés. Dépassés.

Et, plus émouvant encore, c'est la magie de la démocratie : on se bat, on milite, on s'insulte parfois, on s'emporte, et au final le Président élu est celui de tous les Français, au final quelque chose dépasse de loin toutes ces luttes. La nation. [1]

Notes

[1] ne croyez pas pour autant que je suis devenu sarkozyste,!!!

28 avril 2007

Un 'enrichissement de la démocratie'

Le débat Royal/Bayrou se termine à l'instant, sur ces mots de Bayrou, qui qualifie le débat "d'enrichissement pour la démocratie."

Purée je sais pas pour vous, mais moi j'ai adoré ce débat. Pas tel ou tel échange en particulier, mais l'exercice en lui-même. Je ne sais pas si le debat-d'idées-projet-contre-projet a tenu ses promesses ou pas, si les sujets évoqués ont été épuisés ou pas, mais peu importe: j'ai l'impression que ce genre de débats, cordial, ou on se coupe pas la parole, ou parfois on concède à son adversaire des "c'est vrai" "je suis d'accord", eh bien, ça grandit un peu la démocratie.

J'entends d'ici Nicolas Sarkozy qui va qualifier cet exercice de démocratie de "négociations d'arrière-boutique", de "tractations politiciennes dans un grand palace parisien". Mais non, il aura tort : ce genre de débat est nécessaire, il fait respirer la démocratie. Et puis il me fait respirer aussi, tiens ; je me sens bien après ce débat ! Je regrette qu'il n'y en ait pas eu un avant le premier tour. Je regrette que Nicolas Sarkozy ne se prêt pas à ce même jeu. (Puisse le débat d'aujourd'hui faire prendre 1 ou 2% à Royal dans un sondage prochain, pour que Sarkozy flippe et regrette d'avoir eu une attitude aussi archaïque sur la questioon du débat avec Bayrou !!). J'espère que le débat du 2 mai sera de même nature, de même niveau.

Je suis juste un peu déçu que si peu de gens aient pu voir ce débat. Beaucoup n'en verront que les passages charcutés et minutés que reprendront les grandes chaines. Moi-même j'ai eu beaucoup de mal à accéder à la vidéo de ce débat, car même si j'ai fait l'acquisition, comme 22% de la population française, d'un équipement TNT, je ne capte pas le multiplex de BFM TV; que les sites internet de RMC info et de BMF TV sont inaccessibles. Heureusement Dailymotion retransmettait le Live.

J'écris ce billet "à vif", je dirai dans un prochain billet plus développé ce que je retire, sur le fond des propositions, de ce débat. Rien de vraiment étonnant en fait : divergences sur la place de l'Etat, sur les 35 heures, sur la BCE, sur la carte scolaires ; convergences sur les institutions, la sécurité aussi, la vision de la démocratie. François Bayrou apparaît plus que jamais comme un digne libéral, au niveau politique (le libéralisme de Montesquieu, le libéralisme des contre-pouvoirs) et au niveau économique (faire confiance aux partenaires sociaux, aux PME, baisser les charges).

 

Joli billet d'Ariane Mnouchkine à propose de ce débat. Extraits (moi aussi je charcute...) :

Moi, citoyenne française, je veux écouter ce que ces deux citoyens français là vont se dire. (...) Je veux savoir qui cède et qui cède quoi. (...)

Qui veut empêcher cela ? Qui donc, en France, peut empêcher cela, sous prétexte que cela ne s’est encore jamais fait ? (...) Une mise en lumière. Voilà ce que j’attends. Bien plus que de la routinière impertinence télévisuelle, sans risque, bien calée derrière la table, j’ai besoin d’une mise en lumière des outils politiques, du travail politique.

Je veux voir la Persuasion à l’œuvre. De part et d’autre. Sa ruse, sa force, ses dangers, sa beauté.
Je veux voir Athéna à l’œuvre. Et l’enfant Démocratie grandir.

 

26 avril 2007

Débattront ou pas ?

Hier François Bayrou me surprenait en disant "Chiche!" au débat à lui proposé par Ségolène Royal.
Alors qu'un accord était en vue sur les modalités du débat (débat devant la Presse Quotidienne et Régionale, avec présence des caméras de France 2), j'apprends avec étonnement que le Syndicat de la PQR refuse d'organiser ce débat, l'agenda prévu étant simplement une rencontre avec Ségolène Royal et une avec Nicolas SArkozy.Tiens ! Ils auraient pourtant été les premiers bénéficiaires d'un débat aussi médiatisé, attendu et innovant. Je guette d'autres informations m'éclairant sur cette décision, Ségolène Royal évoquant des "pressions" de Nicolas Sarkozy sur le Président du Syndicat (directeur de nice Matin).

L'idée du débat devant la PQR proposé par Royal m'a tout de suite séduite :

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Je voterai pour Nicolas Sarkozy

car je roule en Peugeot 306

 

Merci Institut CSA d'avoir éclairer ainsi ma réflexion de citoyen. :-)

24 avril 2007

A nous d'être indécis

interrogation.gif La figure de l'indécis, dont on nous a rebatu les oreilles en fin de campagne, je l'ai toujours abordée avec distance, voire suspicion. Je la vis tantôt comme une ficelle pour vendre du papier, pour relancer l'intérpet du public et l'enjeu de cette élection ; tantôt comme une assurance donnée par les sondeurs, qui semblaient nous dire "eh oh, si on se plante c'est la faute à l'opinion indécise".La faute aux "électeurs insomniaques" comme disait Robert Badinter, qui se tournent à droite à gauche sans pouvoir trouver de position confortable... Je la vis aussi comme largement exagérée, cette part d'indécis : pour moi, beaucoup des indécis étaient de faux indécis, des décidés qui s'ignorent, ou qui préféraient paraître indécis, trouvant dans cette position intermédiaire un confort, une liberté intellectuelle, un certain style. Et pour cette raison, j'espérais que parmi ces faux indécis se trouvaient beaucoup d'électeurs de François Bayrou qui refusaient de (se) l'avouer. Surtout, je ne les comprenais pas ces indécis : comment peut-on, comme je l'ai entendu sur les marchés, hésiter entre Besancenot (vote de coeur), Royal (vote post-21 avril) et Bayrou (vote stratégique, également connu sous le nom de "billard à 3 bandes") ? C'est notre chance et notre malheur à nous militants : nous sommes sûrs. Cette certitude, c'est une force pour avancer, ça peut être une bulle aussi. Mais aujourd'hui, à nous - électeurs de François Bayrou - d'être indécis. Ou plutôt à nous de suivre tout le cheminement qui réduit peu à peu les hypothèses jusqu'à aboutir à un choix, plus ou moins ferme, plus ou moins dégouté. A nous de comparer les programmes. A nous de faire les tests bidons sur Internet. A nous de pondérer les critères qui permettront de choisir sur qui porter notre voix. Pondération cornélienne ! L'économie compte-t-elle plus que l'Europe ? Le programme compte-t-il plus que les valeurs, la personnalité du candidat plus que la qualité de son entourage? A nous d'essayer le billard à 3 bandes, le jeu des cyniques. Entraînement : un échec de Ségolène Royal ferait regretter François Bayrou et nous aiderait à coalescer les électeurs de centre gauche autour du nouveau parti que nous allons créer ; mais un échec de Royal = une victoire de Sarkozy, donc des législatives très dures pour les candidats centristes. A moins que je ne me fie à un mouvement d'humeur, envoyant promener tout cette pesante analyse qui m'attend, et me réfugiant dans un vote blanc. Mais non. Si je vote blanc, ce sera un vote pesé, argumenté, qui ne fera pas l'économie de la réflexion. Un vote blanc de rancoeur serait la pire des choses. Je vais commencer ce travail, en vous livrant - cette fois-ci je m'y tiendrai, si si - des bouts de cette réflexion. Réflexion accompagnée des déclarations de chacun (à commencer par celle de François Bayrou mercredi), de ma participation aux meetings des deux candidats (j'apprends dans cet excellent blog que Sarkozy sera à Bercy dimanche ; Ségolène Royal a-t-elle prévu une escale parisienne elle aussi ?) et du fameux débat dont j'eus tant aimé qu'il soit précédent d'une confrontation à 4 sur Internet. Tant pis.

3 avril 2007

Pour une 7ème République

Le thème de la sécurité a fait un retour fulgurant sur le devant de la scène médiatique avec les échauffourées de la gare du Nord. C’est dommage. Je trouve que ce thème sert rarement à élever le débat : manque de statistiques non contestées, instrumentalisation-préemption du thème par l’un des candidats, proximité du sujet avec d’autres thèmes sensibles comme l’immigration, etc, me laissent tout le temps l’impression qu’il est impossible de faire un bilan serein des politiques menées dans ce domaine, et que le débat ne sort pas des positions simplistes et des polémiques, surtout quand il est mené à l'occasion d'évènements comme celui de la Gare du Nord, et surtout quand on sait qu'il cèdera la place à un autre thème dans le grand zapping de la campagne présidentielle.

Un autre thème me semble par contre terriblement sous-traité dans cette campagne, alors qu’il mériterait de recevoir un peu de l’éclairage qu’offre une campagne présidentielle, car c’est à mes yeux un des dossiers fondamentaux que devra traiter le prochain Président. Je parle de la réforme de nos Institutions.

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23 mars 2007

Immigration : aucune solution simpliste

L'immigration. Je pense tout de suite à une courte mission que j'ai faite à Mayotte voilà presque deux ans dans le cadre de mes études en urbanisme.
Pourquoi Mayotte ? (où François Bayrou est en ce moment en déplacement, d'ailleurs...)

1. Mayotte est une île de l'Océan Indien, pas loin de la Réunion, qui fait partie de l'archipel des Comores. Elle a refusé de prendre son indépendance par rapport à la France en 1974, contrairement aux îles voisines qui composent les Comores : Anjouan, Grande-Comore et Mwali.
Mayotte n'est pas un département mais une collectivité départementale, statut bâtard, qui permet à la France de satisfaire les aspirations à la départementalisation de Mayotte, sans pour autant leur accorder ce statut. Si Mayotte accédait à ce statut, en plus de la fierté d'un rattachement à la France, elle deviendrait une Région Ultra Périphérique aux yeux de Bruxelles et des fonds structurels. Une manne énorme pour un espace très très en retard de développement.La présence et l'aide françaises sont déjà importantes. Et c'est normal : Mayotte c'est la France.

2. Les 3 îles voisines de Mayotte - dont Anjouan, qui a déjà réclamé récemment son retour dans le giron français - sont vraiment très en retard comparé à Mayotte. Les conditions de santé et la situation socio-économique y sont dégradées. Pas de salaire minimum, pas d'école, pas de DDE française pour construire les routes.

3. Mayotte, c'est aussi le plus grand lagon du monde. Avec des coraux magnifiques. Le tout menacé par l'urbanisation, la conquête fulgurante de l'automobile et des modes de vie occidentaux qui tuent le patrimoine naturel de l'île.

On résume : en plein dans l'Océan Indien, il existe un endroit où pour passer du Tiers Monde à la France, il suffit de traverser un lagon, donc un bras de mer pas très agitée.
Résultat : on estime que près de la moitié de la population de la ville-capitale de Mayotte (Mammoudzou) est officiellement inexistante. Clandestine.

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