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  <title>Le calepin de BeM, militant UDF - Portrait</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Fri, 05 Sep 2008 14:17:00 +0100</pubDate>
  <copyright></copyright>
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    <title>Bernard Accoyer, un bleu dans le chaudron du CPE</title>
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    <pubDate>Wed, 27 Jun 2007 09:15:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>BeM</dc:creator>
        <category>**</category>
        <category>Littérature</category><category>Législatives</category><category>Portrait</category><category>Presse</category><category>UMP</category>    
    <description>    &lt;div class=&quot;pg-gch&quot;&gt;Accoyer vient d'accéder au perchoir de l'Assemblée Nationale. Voilà des extraits du portrait qu'en faisait Raphaelle Bacqué dans Le Monde le 7 juillet 2006, quand le député de Haute-SAvoie avait été nommé &quot;négociateur&quot; d'un accord entre la majorité et les syndicats sur un CPE-bis. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-759321@51-925708,0.html&quot;&gt;Le Monde.fr : Bernard Accoyer, un bleu dans le chaudron du CPE&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.calepin.info/public/PORTRAITS/.accoyer_s.jpg&quot; /&gt;&quot;&lt;strong&gt;Bernard Accoyer est d'abord un de ces médecins qui ont longtemps peuplé les rangs du RPR.&lt;/strong&gt; Fils de pharmacien militaire &quot;gaulliste de droite&quot;, il choisit de faire ses études à Grenoble, &quot;&lt;em&gt;parce qu'il peut y faire ses trois ou quatre heures de ski par semaine&lt;/em&gt;.&quot; Il y a là-bas, déjà en internat, un grand escogriffe bagarreur, Jean-Michel Dubernard, futur père de la transplantation des mains et de la face. &quot;Ah, nous en avons passé des soirées de carabins&quot;, rigole le professeur Dubernard. (...) Ils ont exactement l'un et l'autre le profil de ces jeunes médecins que Jacques Chirac va recruter dans les années 1980. &lt;strong&gt;Bernard Accoyer, qui s'est installé à Annecy, s'inscrit au parti chiraquien au lendemain du 10 mai 1981, &quot;p&lt;em&gt;arce qu'(il) ne supportait pas, dit-il, que des communistes arrivent au pouvoir en France&lt;/em&gt;&quot;.&lt;/strong&gt; Jean-Michel Dubernard fera la même chose à Lyon.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;(...)&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;[Alain Juppé] &lt;strong&gt;a décidé de réformer la Sécurité sociale et de freiner les dépenses médicales. M. Accoyer tente de mettre en garde Matignon contre la fronde des médecins qui se prépare. &quot;&lt;em&gt;Je n'ai pas été entendu, dit-il. Et c'est là que j'ai compris ce qu'était l'enfermement du pouvoir&lt;/em&gt;.&quot;&lt;/strong&gt; (...) Quelques semaines plus tard, alors qu'il tient l'un des bureaux de vote de sa ville, il voit venir ses confrères goguenards : &quot;&lt;em&gt;Tu sais, ça fait drôle de voter pour la première fois à gauche&lt;/em&gt;.&quot; Ce souvenir le tenaille encore aujourd'hui, comme beaucoup de députés UMP qui en veulent toujours à M. de Villepin. Autant dire que CPE ou pas, il ne fera pas partie de ceux qui soutiendront coûte que coûte le premier ministre.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;(...) &lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Depuis deux ans qu'il préside le groupe pléthorique de l'UMP à l'Assemblée, il a pris l'habitude des difficultés. Trois cent soixante-quatre députés, cela vous ferait tourner en bourrique le politique le plus expérimenté.&lt;strong&gt;Mais Bernard Accoyer a été médecin dans une autre vie, et les médecins qui font de la politique ont un avantage sur les autres : ils savent que les plus violents dans l'exercice du pouvoir se transforment en enfants face à la terreur de la maladie et de la mort.&lt;/strong&gt;&amp;nbsp; &lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;Tiens ce dernier extrait sur le politique face au médecin me rappelle l'&lt;em&gt;incipit &lt;/em&gt;des &lt;ins&gt;Mémoires d’Hadrien&lt;/ins&gt; : &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Mon cher Marc, &lt;/em&gt;&lt;br style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;&lt;br style=&quot;font-style: italic;&quot;&gt;&lt;a style=&quot;font-style: italic;&quot; rel=&quot;lightbox&quot; title=&quot;Hadrien-ven.JPG&quot; href=&quot;http://www.calepin.info/public/PORTRAITS/Hadrien-ven.JPG&quot;&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0 0 1em 1em; float: right; width: 253px; height: 295px;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://www.calepin.info/public/PORTRAITS/.Hadrien-ven_m.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;Je
suis descendu ce matin chez mon médecin Hermogène, qui vient de rentrer
à la Villa après un assez long voyage en Asie. L’examen devait se faire
à jeun : nous avions pris rendez-vous pour les premières heures de la
matinée. Je me suis couché sur un lit après m’être dépouillé de mon
manteau et de ma tunique. Je t’épargne des détails qui te seraient
aussi désagréables qu’à moi-même, et la description du corps d’un homme
qui avance en âge et s’apprête à mourir d’une hydropisie du c ?ur.
Disons seulement que j’ai toussé, respiré, et retenu mon souffle selon
les indications d’Hermogène, alarmé malgré lui par les progrès si
rapides du mal, et prêt à en rejeter le blâme sur le jeune Iollas qui
m’a soigné en son absence. &lt;/em&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Il est difficile de rester empereur en
présence d’un médecin, et difficile aussi de garder sa qualité d’homme.
L’oeil du praticien ne voyait en moi qu’un monceau d’humeurs, triste
amalgame de lymphe et de sang.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt; Ce matin, l’idée m’est venue pour la
première fois que mon corps, ce fidèle compagnon, cet ami plus sûr,
mieux connu de moi que mon âme, n’est qu’un monstre sournois qui finira
par dévorer son maître. Paix... J'aime mon coprs ; il&amp;nbsp; m'a bien servi, et, toutes façons, et je ne lui marchande paas les soins nécessaires. Mais je ne compte plus, comme Hermogène prétend encore le faire, sr les vertus merveilleuses des plantes, le dosage exact de sels minéraux qu'il est allé chercher en Orient. Cet homme pourtant si fin m'a débit de vagues formules de réconfort, trop banales pour tromper personne ; il sait combien je hais ce genre d'imposture, mais on n'a pas impunément exercé la médecine pendant plus de trente ans. Je pardonne à ce bon serviteur cette tentative pour me cacher ma mort. HErmogène est savant; il est même sag; sa probité est bien supérieure à celle d'un vulgaire médecin de cour. J'aurai pour lot d'être le plus soigné des malades. Mais nul ne peut dépasser les limites prescrites; mes jambes enflées ne me soutiennent plus pendant les longues cérémonies romaines ; je suffoque et j'ai soixante ans&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était la minute culturelle de BeM...&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Rétrospective sur la campagne législative de deux Jeunes du MoDem</title>
    <link>http://www.calepin.info/post/2007/06/26/Retrospective-sur-la-campagne-legislative-de-deux-Jeunes-du-MoDem</link>
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    <pubDate>Tue, 26 Jun 2007 22:07:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>BeM</dc:creator>
        <category>**</category>
        <category>Blogosphere</category><category>JeunesUDF</category><category>Législatives</category><category>Portrait</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Je signale les initiatives de deux candidats Jeunes qui ont porté le message du  MoDem en juin dernier&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;

&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Jean-Yves de Chaisemartin, président national des&lt;a href=&quot;http://www.jeunes-udf.org&quot;&gt; Jeunes UDF,&lt;/a&gt; poste sur youtube une vidéo très rythmée à partir d'images de sa campagne dans la 5eme des Cotes d'Armor&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
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&lt;/object&gt;


&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;img src=&quot;http://voyageenpolitique.hautetfort.com/portrait.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;a href=&quot;http://voyageenpolitique.hautetfort.com/&quot;&gt;Laurent Haddad&lt;/a&gt;, candidat suppléant de Danièle Auffray dans la 10ème circonscription de Paris (XIIIeme arrondissement), publie une série de billets &quot;Campagnoscopique&quot;. Initiative intéressante et originale.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;


&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;J'ai également, pendant la campagne législative en Haute-Loire et surtout dans l'entre-deux tours, écrit quelques bouts de billets, gratté  quelques paragraphes épars, sans avoir ni le temps ni la discipline de les publier. Je crois qu'ils pourraient former une petite série de 3 ou 4 billets intéressants. Je les rassemblerai donc bientôt et vous les livrerai, public chéri, sous la forme d'une rétrospective sur la campagne &quot;de terrain&quot;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Portrait de François Bayrou sur Envoyé Spécial</title>
    <link>http://www.calepin.info/post/2007/03/03/Portrait-de-Francois-Bayrou-sur-Envoye-Special</link>
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    <pubDate>Sat, 03 Mar 2007 11:27:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>BeM</dc:creator>
        <category>**</category>
        <category>Bayrou</category><category>Portrait</category><category>Videos</category>    
    <description>&lt;p&gt;Beau reportage de l'équipe d'&lt;a href=&quot;http://envoye-special.france2.fr/&quot;&gt;Envoyé Spécial sur France 2&lt;/a&gt; jeudi soir. J'ai vraiment eu le sentiment qu'il touchait juste, qu'il montrait François Bayrou &lt;strong&gt;dans ce qu'il est&lt;/strong&gt; (un homme proche de ses racines, père de famille, un homme courageux et persévérant), &lt;strong&gt;dans ce qu'il est devenu (plus libre, moins con-formiste comme il le dit lui-même), et &lt;/strong&gt;dans le rapport qu'il construit avec les Français(es)__ dans cette campagne.
Heureusement le reportage échappe (de justesse...) au reproche de la connivence ou de la flatterie en mentionnant les manifestation de 1993 contre la réforme de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Falloux&quot;&gt;la loi Falloux&lt;/a&gt;, ou en nous montrant un candidat qui sait aussi jouer avec les médias (c'est la scène - amusante - où Bayrou se fait metteur en scène de sa propre interview, accoudé au tracteur...).&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Je pensais en regardant ce reportage &quot;&lt;em&gt;Voilà pourquoi j'ai parfois du mal à défendre les propositions de l'UDF, ou que je fais à peine l'effort d'approfondir le programme au-delà des mes centres d'intérêts premiers&amp;nbsp;:  en fait 10 minutes de ce portrait pourraient suffire à me convaincre de voter pour cet homme, si différent des autres candidats  !&quot;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Allez, ne sombrons pas dans une excessive personnalisation du scrutin présidentiel&amp;nbsp;: je rajoute l'Europe et la rénovation de la République, et le tour est joué. Je vote Bayrou&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un jour je parlais avec Eric, qui est en charge à l'UDF des Fédérations et aussi des investitures des candidats. Il me disait&amp;nbsp;: &quot;&lt;em&gt;François dit souvent qu'un bon candidat, c'est un quelqu'un qui a quelque chose à raconter, quelqu'un dont la vie raconte une histoire&quot;.&lt;/em&gt; Eh bien la vie de François Bayrou raconte une sacrée histoire&amp;nbsp;! on trouve dans ce reportage d'Envoyé Spécial tous les éléments  du &quot;personnage&quot; Bayrou. Jugez-en par vous-mêmes&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la première partie - Bayrou intime&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;François Bayrou et ses racines, son village et le travail de la terre...&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le père de famille&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Le défenseur des petites gens et des petits territoires&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxième partie - Vers la &lt;del&gt;présidentielle&lt;/del&gt; Présidence &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Le siège d'une campagne &quot;artisanale&quot;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;L'équipe de campagne, les &quot;bédouins&quot;, Marielle de Sarnez&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Retour sur l'expérience ministérielle de François Bayrou, puis son émancipation vis-à-vis de l'UMP&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Bayrou et la religion&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;L'orateur: son bégaiement et comment il l'a vaincu&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;

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      </item>
    
  <item>
    <title>SÉGOLÈNE ROYAL, ou les appétits de Madame Flocon</title>
    <link>http://www.calepin.info/post/2006/11/27/245-segolene-royal-ou-les-appetits-de-madame-flocon</link>
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    <pubDate>Mon, 27 Nov 2006 22:59:41 +0000</pubDate>
    <dc:creator>BeM</dc:creator>
        <category>**</category>
        <category>Portrait</category><category>Segolene Royal</category>    
    <description>&lt;p&gt;Voici un portrait de Ségolène Royal par Philippe Meyer -  auteur d'essais de pièces de théâtre, journaliste, et actuel animateur de l'Esprit public sur France Culture. Il date de 1995 mais a gardé toute sa saveur.
&lt;br /&gt;
Tous les traits de la Ségolène Royal de 2006 sont déjà là&amp;nbsp;: l'utilisation des médias, de sa féminité, du parti socialiste,  l'opportunisme de ses postures, la détermination et la volonté de s'extirper de sa condition, de &quot;provoquer le sort&quot;.
&lt;br /&gt;
Via le &lt;a href=&quot;http://forum-scpo.com/forum-scpo/viewforum.php?id=1&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;forum &lt;/a&gt; des étudiants de sciences po&lt;/p&gt;    &lt;hr /&gt;


&lt;p&gt;SÉGOLÈNE ROYAL, ou les appétits de Madame Flocon
(Chronique de Philippe Meyer)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans les années soixante, quelque part du côté d'Épinal, une jeune fille studieuse et sage enrageait sous le masque. Un père officier, sorti du rang, sûr de lui, autoritaire, définitif. &quot;De droite&quot;, dira-t-elle plus tard, lorsqu'elle sera ministre de gauche. &quot;D'extrême droite&quot;, corrigera l'un de ses frères, quant à lui gaulliste. Une mère laborieuse, obéissante, résignée. Une mère comme dans les recommandations des curés de la fin du XIXe siècle, qui a mis bas, soigné et élevé dans la crainte de Dieu et la révérence de l'ordre pas moins de huit enfants. Le père a fait baptiser les garçons Florian, Sigisbert, Goery, Romaric... &lt;strong&gt;Ce n'est pas seulement qu'il est épris (ou atteint) de traditionalisme, c'est qu'il aime s'afficher. Sa fille héritera de ce trait de caractère et de quelques autres, qu'elle ne reconnaîtrait pas volontiers, à commencer par l'autoritarisme, l'habitude de faire peu de cas de l'opinion d'autrui et l'envie de s'élever au-dessus de sa condition.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce n'est pas une demoiselle Bovary que Marie-Ségolène, son prénom complet qu'elle amputera plus tard d'une moitié, sans doute pour ne pas trop évoquer Marie-Chantal et son cortège de bécébègeries. Le Parti socialiste, qu'elle a traité comme une chambrée mal tenue par ses adjudants de semaine, retrouvera, pour se venger, la partie manquante de ce prénom à tiroirs et, après qu'elle aura passé quelque temps à ministrer l'environnement, la surnommera &quot;Marie-Antoinette&quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donc, Ségolène n'est pas Emma. Elle n'attend pas un événement. Elle le programme et le provoque.&lt;/strong&gt; &lt;sup&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.calepin.info/post/2006/11/27/#pnote-245-1&quot; id=&quot;rev-pnote-245-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/sup&gt; Pour quitter sa famille chrétienne étouffe-chrétien, la seule voie décente est celle des études. Et encore&amp;nbsp;: le père Royal a, sur l'éducation des filles, des vues assez proches de celles du XIXe siècle. Sa Marie-Ségolène lui arrache pourtant l'autorisation de s'inscrire en Sciences Éco. Une fois ce premier pas accompli, elle saura tirer la ficelle jusqu'à Sciences Po, puis jusqu'à l'ENA.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans la première de ces deux nobles maisons, ses condisciples se souviennent d'elle comme d'une provinciale désireuse de se frotter au beau linge, embarrassée d'y commettre un impair et donc plutôt &quot;rentre dedans&quot;. &quot;Je l'aurais classée spontanément à droite, dit une de ses condisciples. Quand j'ai appris qu'elle fréquentait les socialistes, je me suis dit que c'était pour elle une bonne façon de faire son trou à Paris&quot;. &lt;em&gt;&quot;Elle a toujours été à droite, analyse un énarque de la même promotion Voltaire. Comme Mitterrand. C'est d'ailleurs ça qui a dû plaire au Vieux...&quot;&lt;/em&gt; En tout cas, ce n'est pas tant le socialisme qui a conduit Mlle Royal à l'Élysée que la fréquentation de Jacques Attali qui couvait à l'École nationale d'administration quelques poussins comme Frédérique Bredin, Michel Sapin ou François Hollande. &lt;strong&gt;Hissé au sommet du pouvoir sur les épaules du Parti socialiste, le Président s'emploie en effet, dès 1981, à le court-circuiter et à constituer autour de lui une équipe qui lui doive tout. Ses rabatteurs pourvoient au recrutement. La plupart des bizuts ainsi promus à des responsabilités très souvent au-dessus de leur âge - et même de leurs rêves - font leurs dents et leurs preuves sur des dossiers techniques et des besognes ingrates. Ironie du sort, Ségolène se verra confier un ouvrage de dame&amp;nbsp;: les affaires familiales.&lt;/strong&gt; Elle les traitera avec les qualités classiques du haut fonctionnaire bûcheur et habile à absorber comme à restituer les dossiers. Elle passera donc le premier septennat dans l'ombre. A partir du second, elle s'appliquera à en faire aux autres.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En 1988, le Président estime ne devoir sa nouvelle victoire qu'à lui-même. Ses protégés peuvent désormais monter en ligne et occuper le maximum de terrain.&lt;strong&gt;Avec Michel Charasse, François Mitterrand, grand connaisseur de la cuisine électorale, parachute sa collaboratrice dans une circonscription des Deux-Sèvres.&lt;/strong&gt; Une affaire saine et sans risques, comme on dit dans le commerce&amp;nbsp;: cinquante-huit pour cent des électeurs viennent de voter Mitterrand. Le député sortant ne se représente pas. La circonscription est composée de trois &quot;pays&quot; qui se chamaillent&amp;nbsp;: un &quot;horsain&quot; pourrait les mettre d'accord. Saint-Maixent, son chef-lieu, abrite une école de sous-officiers où l'on peut voir d'un bon oeil cette fille d'ancien collègue. Les socialistes locaux, tiraillés entre bagarres de courants et rivalités de personnes, ont éprouvé les plus grandes difficultés à désigner un candidat. Un coup de fil de l'Élysée le dissuadera d'aller déposer sa candidature à la préfecture qui enregistrera in extremis celle de l'envoyée de Dieu. A cette onction suprême, Ségolène ajoute promptement celle du suffrage universel. Pour ne pas en rester là, il lui faut se faire un nom.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A vrai dire, la chargée de mission s'était déjà lancée dans la course à la notoriété en publiant, en 1987, un essai - ou plutôt une dissertation - intitulé Le Printemps des grands-parents. Pas de politique là-dedans. Plutôt un concentré de magazine pour salles d'attente.&lt;/strong&gt; Un mélange de truismes (&quot;les grands-parents ont le temps d'écouter, de parler&quot;), de sottises proférées avec un aplomb d'énarque (&quot;les grands-parents jouent un rôle auprès des adolescents&amp;nbsp;: c'est nouveau&quot;), et de niaiseries pieuses (&quot;il faut apaiser les conflits familiaux et sauver le principal&amp;nbsp;: l'affection&quot;). Des généralités flattant les anciens, comme s'ils constituaient une catégorie homogène, les félicitant de leur rajeunissement physique par rapport aux générations précédentes comme si c'était le fruit de leur volonté, le tout se concluant par un appel qui ne mange pas de pain à une &quot;entente cordiale entre les générations&quot;, à une &quot;nouvelle alliance des âges&quot;, et par une célébration de la vieillesse comme un &quot;nouvel art de vivre&quot;... Comment un tel livre n'aurait-il pas plu, et notamment à ceux dont il parle et qui fournissent un solide contingent de clients aux librairies&amp;nbsp;? Quant aux magazines dont il est le reflet, ils lui tressent des couronnes. Voilà Ségolène en route pour les plateaux de télévision où l'on tourne les émissions pour les ménagères et les inactifs. Bientôt, on la verra aux &quot;Dossiers de l'écran&quot;...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La &quot;génération Mitterrand&quot; est celle des apparences. Le nouveau député des Deux-Sèvres juge que celle d'une sorte de super-assistante sociale est de nature à la faire connaître rapidement et à lui assurer un public large. Avec &lt;ins&gt;Le Ras-le-Bol des bébés zappeurs&lt;/ins&gt;, elle rééditera le coup du &lt;ins&gt;Printemps des grands-parents&lt;/ins&gt;. Deux titres qui sentent la pub, deux ouvrages bien promus, deux thèmes porteurs. Depuis longtemps celui, rebattu, de la télévision qui abêtit les enfante et les initie - les incite - à la violence a montré ses capacités à déchaîner un honnête tintamarre. &lt;strong&gt;Ce champ est en friche depuis un moment. Ségolène Royal s'y installe et y campe un personnage à mi-chemin entre Anne Gaillard, jadis virago du consumérisme, et Mme Le Quesnoy, mater dolorosa du film &lt;ins&gt;La vie est un long fleuve tranquille&lt;/ins&gt;&lt;/strong&gt;...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jusqu'à son Ras-le-Bol, c'est toujours de la droite que sont parties les campagnes vouant aux gémonies la télévision. Des campagnes peu subtiles de &quot;défense des valeurs et de la famille&quot;. Pour éviter de voir son action leur être identifiée, Ségolène fait des moulinets verbaux&amp;nbsp;: &lt;em&gt;&quot;Je ne prône pas d'interdiction, déclare-t-elle, mais l'instauration d'un code&quot;&lt;/em&gt;. Sans doute. Pourtant, qu'est-ce qu'un code, sinon un recueil d'interdictions&amp;nbsp;? Et avec quelle faveur le père de Marie-Ségolène, de Sigisbert, de Romaric et des autres n'accueillerait-il pas la proposition de &lt;em&gt;&quot;faire précéder chaque programme de fiction d'une annonce des crimes et délits qu'il contient et des peines encourues correspondantes&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;? L'ancien sous-officier ne penserait-il pas que &quot;bon sang ne saurait mentir&quot; et que le naturel politique revient au galop, à supposer qu'il soit jamais parti&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est en tout cas l'avis des élus socialistes. Ils font sentir, quelquefois cruellement, à leur nouvelle collègue à l'Assemblée qu'elle est en train de se fourvoyer. Elle abandonne donc ce cheval de bataille peu après que son livre a quitté la liste des best-sellers. Au demeurant, en termes de notoriété, le bilan est largement positif et, en termes de politique, il n'y a pas de mal à plaire aussi à ses adversaires&lt;/strong&gt;... Et puis l'ancienne chargée de mission ne vient-elle pas de commencer à mettre en avant sa qualité de mère, et même de &quot;nouvelle femme&quot;, qu'elle définit comme &quot;ayant réussi la synthèse des trois pouvoirs&amp;nbsp;: carrière, maternité, vie affective&quot;. (Un pouvoir, la maternité&amp;nbsp;? Un pouvoir, la vie affective&amp;nbsp;? Il y a des aveux que le plus sévère magistrat aimerait n'avoir pas entendus). Par la suite, elle ne négligera aucune occasion de tirer de sa vie privée ce que les communicateurs appellent un &quot;profil d'image&quot;. &lt;strong&gt;Ministre et jeune accouchée, elle signera un accord avec Paris Match, échangeant sa photo avec son bébé à la maternité contre une grande interview. A un journaliste qui opposait à son exhibitionnisme la discrétion de son compagnon - également député -, elle répondra&amp;nbsp;: &quot;C'est normal, l'enfant, c'est moi qui l'ai fait&quot;.&lt;/strong&gt; En élève appliquée des communicateurs, elle ira confier son enfance heureuse aux caméras d'une station de télévision...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tant de dons pour le mitterrando-séguélisme et tant d'efforts pour les cultiver appellent une récompense. Elle viendra après la décomposition du gouvernement d'Édith Cresson, moins d'un an avant les législatives de 1993. Aux élections régionales, les écologistes ont fait un bon score et piqué des voix aux socialistes, malgré la présence de Brice Lalonde dans le cabinet. Le Président envoie Ségolène sur ce front, avec mission de convaincre que les siens sont plus verts que les Verts. Le nouveau ministre commence par déclencher dans son administration une chasse aux sorcières lalondistes, avant de s'approprier toutes les initiatives lancées par son prédécesseur, qui crie à l'imposture. Mme Royal n'en a cure. &lt;strong&gt;Elle a appris que le culot paie, au moins à court terme.&lt;/strong&gt; C'est pourquoi journalistes et caméras seront dûment convoqués le jour de 1992 où elle fera démolir par des bulldozers, à Porquerolles, une maison non conforme à son permis de construire. Ils seront repartis quand on apprendra que la propriétaire, une dame de soixante-douze ans handicapée à cent pour cent, a admis en 1989 que ses travaux étaient excessifs, les a fait interrompre sous contrôle d'huissier et n'a cessé pendant trois ans de demander de nouvelles autorisations à la préfecture, qui ne lui a jamais répondu...
On reparlera du ministre - qui insiste pour qu'on dise de la ministre - lorsqu'un contrôle douanier permettra de mettre en lumière un trafic d'ordures et de déchets hospitaliers entre la France et l'Allemagne. Ségolène ne fait qu'un bond et, avec une remarquable efficacité, prend les mesures qui empêcheront la récidive de ce peu ragoûtant commerce. Sa cote de popularité s'envole. Trop haut, sans doute, pour qu'elle garde la tête sereine.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A quelque temps de là, des militants de Greenpeace s'enchaînent à des fûts de déchets industriels en provenance d'Australie. Inquiet d'être dépassé sur sa gauche, le ministre de l'Environnement tempête et dénonce le contrat entre l'Australie et l'usine française vers laquelle ces déchets doivent être acheminés pour retraitement. Hélas, c'est aller un peu vite en besogne&amp;nbsp;: l'usine de retraitement française est parmi les plus performantes et les plus fiables au monde, Pierre Bérégovoy a naguère combattu pour sauver d'un rachat par les Américains cette installation pilote dans un secteur d'avenir, mais surtout, l'accord avec l'Australie est conforme à la convention de Bâle, premier texte international à établir des normes satisfaisantes en matière de transport et de retraitement des matières toxiques... Pour ce qui est de la pub, le ministre a joué du boomerang. Fâché, François Mitterrand exige qu'elle annule sa décision et lui fait savoir qu'elle est priée de se tenir à l'écart des caméras.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il faudra à peine quelques semaines pour que le député des Deux-Sèvres les retrouve&amp;nbsp;: le temps de la déroute socialiste aux législatives de 1993. Rescapée du naufrage, elle laisse exploser devant les caméras une fureur de devoir quitter le pouvoir que rien ne parvient à masquer. Le sourire de la nouvelle femme tourne à la grimace, ses exhortations consensuelles à l'invective. Peu importe, Ségolène a en réserve un autre personnage&amp;nbsp;: le &quot;quadra&quot;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On ignore ce que Jaurès et Blum, dont les mânes sont si souvent évoqués à gauche, auraient pensé d'un courant politique qui n'a à mettre en avant que l'âge de ceux qui le composent. Peut-être pourrait-on y voir la réincarnation des voraces impatiences qui, en 1924, au moment du Cartel des gauches, réclamaient &quot;toutes les places et tout de suite&quot;. En 1993, il ne s'agit plus des places au gouvernement mais au Parti socialiste. Michel Rocard en a pris la tête. Il devient - croit-on - le candidat inévitable à l'élection présidentielle de 1995. &lt;strong&gt;Spontanément insatisfaites de cette perspective ou manoeuvrées par l'Élysée, quatre femmes sont au premier rang des &quot;quadras&quot;, Martine Aubry, Frédérique Bredin, Élisabeth Guigou et Ségolène Royal.&lt;/strong&gt;  Au bout de quelques semaines, les journaux suggèrent que leur entente n'est pas parfaite. Dire cela, selon Ségolène, &lt;em&gt;&quot;c'est proférer une attaque qui relève de la plus pure tradition machiste&quot;&lt;/em&gt;. Malheureusement, Martine Aubry et Élisabeth Guigou quittent rapidement le nouveau courant. &lt;em&gt;&quot;Elles ne faisaient pas partie du noyau dur&quot;&lt;/em&gt;, explique leur ex-camarade...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A vrai dire, il n'a pas fallu longtemps pour que les &quot;quadras&quot; apparaissent tels qu'ils sont&amp;nbsp;: non un courant mais une bande mitterrandienne, une franc-maçonnerie de la courte échelle désireuse de torpiller Michel Rocard et de présenter en 1995 une candidature qui assure aux socialistes une défaite honorable et permette à ceux qui l'ont soutenue de mettre la main sur le Parti socialiste.&lt;/strong&gt; L'enjeu est si dérisoire par rapport aux problèmes de l'époque qu'on ne sait pas dire si ces jeunes vieillards vivent sur une autre planète ou dans un autre temps. Pour ce qui est de Ségolène Royal, c'est peut-être dans un autre temps. Ne fait-elle pas irrésistiblement penser à Mme Flocon, épouse d'un député porté au Palais-Bourbon par la révolution de 1848 et qui, contemplant avec appétit un palais national, confiait à une commère&amp;nbsp;: &lt;em&gt;&quot;Maintenant, c'est nous qui sont les princesses&quot;&lt;/em&gt;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;[©&quot;Ségolène Royal ou les appétits de Madame Flocon&quot;, in Philippe Meyer, Eaux
fortes, croquis politiques, Flammarion, 1995, pp. 121-130]&lt;/p&gt;
&lt;div class=&quot;footnotes&quot;&gt;&lt;h4&gt;Notes&lt;/h4&gt;
&lt;p&gt;[&lt;a href=&quot;http://www.calepin.info/post/2006/11/27/#rev-pnote-245-1&quot; id=&quot;pnote-245-1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;] c'est moi qui souligne les passages &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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  <item>
    <title>Chevènement, non-évènement</title>
    <link>http://www.calepin.info/post/2006/11/10/229-chevenement-non-evenement</link>
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    <pubDate>Fri, 10 Nov 2006 09:41:15 +0000</pubDate>
    <dc:creator>BeM</dc:creator>
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        <category>Chevènement</category><category>Portrait</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://vincent.ducrey.blogpremium.com/comment/vincentducrey/picture/che_jpg.jpg&quot; alt=&quot;&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Jean-Pierre Chevènement s'est déclaré candidat à la Présidence de la République lundi soir sur le plateau du &lt;a href=&quot;http://tf1.lci.fr/infos/jt/0,,3351590,00-jean-pierre-chevenement-invite-journal-20h-.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;20 heures de TF1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je livre en deux mots mes impressions devant cette candidature douteuse, et reproduit une tribune qu'avait publiée Alain Minc dans Le Point du 26 octobre 2001, contre celui qui apparaissait alors comme le Troisième Homme. Elle m'avait marqué à la fois par son efficacité et sa férocité.&lt;/p&gt;    &lt;h4&gt;&lt;ins&gt;&lt;strong&gt;Impressions&lt;/strong&gt;&lt;/ins&gt;&lt;/h4&gt;


&lt;p&gt;La candidature de Jean-Pierre Chevènement peut apparaître comme un moment important dans cette pré-campagne&amp;nbsp;: il fut un passager Troisième Homme en 2002 - ce qui révèle un potentiel électoral, une capacité de séduction, une notoriété - et les militants et élus socialistes le rendent responsable de l'élimination de Lionel Jospin au premier tour en 2002.
&lt;br /&gt;
D'ailleurs, Ségolène Royal s'est empressé d'avoir des mots doux pour dompter le Lion de Belfort sur le plateau de France 2 (petit billet et vidéo à voir &lt;a href=&quot;http://thebenitoreport.typepad.com/thebenitoreport/2006/11/vido_sgo_victim.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;chez Benito Report &lt;/a&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais j'ai moi l'impression que cette déclaration est un non évènement.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'abord elle soulève la suspicion&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: on sait qu'il était en discussion avec le Parti Socialiste pour avoir des circonscriptions. Les négociations achoppant, Jean-Pierre se présente. Faire de l'élection une arme pour prendre en otage ses partenaires ne me semble pas digne de la vision que JPC a de la fonction présidentielle.
&lt;br /&gt;
J'en entends déjà certains&amp;nbsp;: &lt;em&gt;&quot;Bayrou fait de même avec l'UMP !&quot;&lt;/em&gt; Pas du tout. François Bayrou a un projet et un positionnement clair, qu'aucun autre ne porte. Par contre, pour quoi se présente Jean-Pierre Chevènement&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je ne vois pas quel va être le positionnement&lt;/strong&gt; de Jean-Pierre Chevènement. Impossible de nous rejouer le coup du &lt;em&gt;&quot;Au-delà de la gauche et de la droite, la République&lt;/em&gt;&quot;&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;d'abord parce qu'il n'a réussi avec cette stratégie qu'à sélever à peine au-dessus de la barre fatidique des 5%,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;ensuite parce que, depuis 2002, lui et tous ses partisans ont clairement rompu avec cette ligne. Cette repentance, qui dénote surement une mauvaise conscience suite au 21 avril 2002, a clairement ancré le Mouvement Républicain et Citoyen à la gauche du PS, et en a fait un mouvement de Gauche républicaine. Il trouve d'ailleurs de temps à autre un écho grâce au soutien clairement affirmé aux mouvements d'extrême-gauche latino (Hugo Chavez au Vénézuela, Evo Morales en Bolivie, Fidel Castro à Cuba), ainsi que, au niveau parisien, à l'action de Georges Sarre.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;


&lt;p&gt;Alors qu'apporte-t-il&amp;nbsp;? Jean-Pierre Chevènement en a dit très peu dans son très court passage chez PPDA. Il avait déjà annoncé les jours précédents se présenter &quot;&lt;em&gt;pour élever le débat&quot;&lt;/em&gt;. Déclarations suicidaires que celles-ci, pour un candidat dont l'étroitesse de la base électorale peut entre autres s'expliquer par un ton professoral, par des explications trop alambiquées,un message à destination des BAC + 12 !!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Va-t-il assumer son nouveau positionnement de gauche de la gauche&amp;nbsp;? L'encombrement est tel dans cet espace (Clémentine Autain, José Bové, Marie-Georges Buffet, etc) qu'il est permis d'en douter.
Il pourra jouer la stature d'homme d'Etat (vous lirez ci-dessous ce qu'en disait Alain Minc... c'est saignant...), surtout si Ségolène Royal est désognée par les militants socialistes. Mais c'est un peu court pour justifier une candidature.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Faut-il, comme &lt;a href=&quot;http://www.rtl.fr/info/chroniques/chroniquesint.asp?dicid=489191&amp;amp;rubid=17311&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Daniel Cohn Bendit le 7/11 au micro de Jean- Michel Apathie&lt;/a&gt; , parier que JPC fera 1,5 %?&lt;/p&gt;


&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Et j'avoue franchement que la candidature de Chevènement, c'est ridicule. C'est ridicule, vraiment. Alors, c'est n'importe quoi. Mais bon, c'est du chantage pour avoir dix circonscriptions, ou cinq ou quatre, voilà... (...) Je fais un pari, aujourd'hui, que si Jean-Pierre Chevènement se présente, il ne fait pas plus que 1,5%. On prend le pari, et je voudrais bien... Il est intéressant dans l'espace public, mais ce n'est pas toute personne qui est intéressante dans l'espace public, a pour rôle de se présenter aux élections présidentielles, sinon ça serait fou. Tout journaliste qui est important dans l'espace public va croire que, peut-être, il serait un bon candidat aux Présidentielles...&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;


&lt;p&gt;Je ne le pense pas. Et je pense aussi qu'il peut concurrencer François Bayrou sur certains thèmes et lui grapiller quelques points. Les sondages de l'automne 2001 avaient montré d'étonnantes porosités entre l'électorat du centre-droit et celui de Chevènement. Je reviendrais sur cette possible nuisance de l'homme de Belfort pour l'homme de la révolution civique.&lt;/p&gt;



&lt;h4&gt;&lt;ins&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi je dis non à l'archaïsme - par Alain Minc &lt;/strong&gt;&lt;/ins&gt;&lt;/h4&gt;

&lt;p&gt;''
Cette tribune a été publiée le 26 octobre 2001. Jean-Pierre Chevènement venait de dépasser les 10%. A cette époque là, les RG le donnaient déjà presque au deuxième tour. Il a culminé à 15% en novembre, avant de cédroître progressivement jusqu'à son scroe décevant de 5,33 %. C'est moi qui souligne les passages.''&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Réciter par coeur les princes et évêques électeurs de l'empereur d'Allemagne ne suffit pas à établir un homme d'Etat. Jean-Pierre Chevènement est plus cultivé que la moyenne de la classe politique, est meilleur orateur, a de la prestance&amp;nbsp;: ce sont des atouts dans un pays qui a encore une vision assez élitiste de ses dirigeants. &lt;strong&gt;&lt;ins&gt;L'ennui est ailleurs&amp;nbsp;: il se trompe sur tout.&lt;/ins&gt;&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Sur ses sympathies internationales&amp;nbsp;: l'Irak de Saddam Hussein, les pays les moins respectables du tiers- monde.&lt;br /&gt;
Sur sa vision des relations extérieures&amp;nbsp;: il s'imagine l'héritier de Richelieu et rêve de protéger la France sur l'Est grâce à une Allemagne affaiblie. &lt;br /&gt;
Sur le jeu d'alliances&amp;nbsp;: antiaméricain - sauf depuis quelques jours, car il apprend à ratisser large&amp;nbsp;; prosoviétique et désormais prorusse. &lt;br /&gt;
Sur l'Europe&amp;nbsp;: son seul cap est de jouer les politiques européennes à la baisse et de viser toujours le minimum. &lt;br /&gt;
Sur l'euro&amp;nbsp;: il ne veut pas voir le bouclier qui nous est désormais offert. &lt;br /&gt;
Sur la mondialisation&amp;nbsp;: il la rejette avec la même énergie qu'un enfant qui refuserait la loi de la pesanteur. &lt;br /&gt;
Sur l'Etat&amp;nbsp;: il croit que, comme à l'époque de Napoléon, un décret façonne la société. &lt;br /&gt;
Sur la République&amp;nbsp;: il n'a pas compris que la démocratie se mesurait désormais à un jeu de pouvoirs et de contre-pouvoirs et non plus à la seule expression du suffrage universel. &lt;br /&gt;
Sur la pratique politique&amp;nbsp;: démissionner une fois est une preuve de caractère, deux fois un réflexe pavlovien, trois prouve une incapacité à juger les rapports de forces politiques au moment de l'entrée au gouvernement.''&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un grand ministre, nous dit-on&amp;nbsp;? En 1982&amp;nbsp;? Au moment où il rêvait, à l'Industrie, d'une planification soviétique. En 1984&amp;nbsp;? A l'Education, quand, décidant que 80 % d'une classe d'âge devait atteindre le bac, il disqualifiait du même coup cet examen et les filières technologiques rejetées dans l'obscurité. En 1991&amp;nbsp;? A la Défense, quand, avant de démissionner, il prévoyait 100 000 morts pendant la guerre du Golfe. En 1998&amp;nbsp;? A l'Intérieur, lorsqu'il se contentait de déclarations martiales et de concessions devant les syndicats.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un défenseur de l'intérêt national, nous murmure-t-on. De quel intérêt s'agit-il&amp;nbsp;? &lt;strong&gt;&lt;ins&gt;Si la France avait suivi depuis trente ans les choix de Chevènement, ce serait un pays coupé de l'Europe, isolé du reste de l'Occident, ami de quelques Etats en déshérence du tiers-monde, avec une économie &lt;a href=&quot;http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/fast.exe?mot=cacochyme&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;cacochyme&lt;/a&gt;, une industrie étatisée, un déficit public abyssal et une inflation élevée.&lt;/ins&gt;&lt;/strong&gt; Pourquoi le «&amp;nbsp;Che » français bénéficierait-il, deuxième «&amp;nbsp;miracle républicain », d'un droit à l'amnésie qui nous est refusé à tous&amp;nbsp;? Les mots attrape-tout dont va nous abreuver Chevènement d'ici à avril 2002 ne doivent pas faire oublier qu'un homme public se juge d'abord à ses actions passées, à son discours traditionnel davantage qu'à ses promesses de l'instant. Son pari sur la lassitude des Français devant nos éternels duettistes lui ouvre, il est vrai, un espace, mais ce serait un paradoxe de le voir occupé par un candidat dont l'archaïsme est tel qu'il rend par comparaison presque modernes Chirac et Jospin.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;© le point 26/10/01 - N°1519 - Page 45 - 516 mots &lt;a href=&quot;http://www.lepoint.fr/impression/imprime.html?did=73279&amp;amp;displaymatrix=false&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Tribune disponible en ligne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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