François Bayrou et les sondages de la mi-octobre - Analyse

Le sondage IFOP réalisé les 12 et 13 octobre et publié dans Paris Match le 18 octobre (vous trouverez les résultats sur le site de l'Institut) a surpris tout le monde en mettant François Bayrou à 12% en moyenne (selon les configurations).
- Pourquoi cette hausse ?
- Quels sont les nouveaux électeurs de François Bayrou dans les enquêtes d'opinion ? (conparaison avec l'enquête d'opinion de juillet 2006)
- Y a-t-il lieu de s'en réjouir ?
1. Le sondages de l'IFOP : la surprise
Le sondage IFOP réalisé les 12 et 13 octobre et publié dans Paris Match le 18 octobre (vous trouverez les résultats sur le site de l'Institut ou dans l'infographie proposée par le Monde) présente deux faits saillants:
- Nicolas Sarkozy maintient son avance au premier tour, dans toutes les configurations, et conforte sa marge de victoire au second tour (53/47) ;
- François Bayrou recueille entre 12% et 15% des intentions de vote selon le candidat socialiste retenu, accédant même au second tour dans l'hypothèse Fabius, celui-ci ne recueillant qu'un piètre 14%.
Je le rappelle, "les résultats de cette enquête doivent être interprétés comme une indication significative de l’état des rapports de force actuels dans la perspective du prochain scrutin présidentiel. En aucun cas, ils ne constituent un élément prédictif des résultats le jour du vote."
En outre, étant donné les marges d'erreur, François Bayrou n'est peut-être en réalité, dans l'opinion, qu'à 8%, ou peut-être a-t-il déjà franchi les 12% depuis longtemps.
Peu importe, la côte de François Bayrou est néanmoins clairement à la hausse dans l'opinion.
Elle a surpris tout le monde, y compris l'IFOP, qui avait intégré dans ses questionnaires une hypothèse de deuxième tour Sarkozy/Fabius qui n'avait pas lieu d'être, et à laquelle il aurait fallu substituer une hypothèse Bayrou/Sarkozy, que -espérons-le - ils intéègreront désormais.
Deux questions me viennent à l'esprit : Pourquoi cette hausse ? Qui sont les nouveaux -et peut-être provisoires - nouveaux électeurs de Bayrou ?
2. Pourquoi cette hausse ?
Je passerai rapidement, parce que je ne peux faire ici état que de suppositions. A mon avis, la côte de Bayrou grimpe car :
- il a bénéficié ces derniers temps d'une visibilité médiatique accrue, grâce à la (mini)-polémique entre lui et TF1, grâce à la sortie de Au nom du Tiers Etat, recueil préfacé de ses discours, et parce que, la campagne ayant débuté très tôt avec le duo Ségo-Sarko, les médias se lassent et recherchent des visages neufs à interviewer : Bayrou leur en offre un ;
- il a su se positionner sur des thèmes peu exploités par les candidats républicains jusqu'à présent (critique anti-système dure) et entre avec cela en résonance avec les préoccupations de certaines catégories de la population (par exemple les critiques des médias jouent à plein pour les citoyens les plus "connectés" et les gros consommateurs de médias : sa côte de popularité dans le fameux sondage Agorax le montre) ;
- il a conforté une image nouvelle d'un homme courageux (il faut l'être pour critiquer la première chaîne de télé européenne, en pleine précamapgne) et persévérant dans ses critiques, remisant ainsi l'image d'un centre mou, qui empêchait beaucoup de citoyens de voir en lui un leader ;
- il a eu des positions audacieuses sur sujets "de société", comme le mariage et l'adoption par les couples homosexuels : bien que peu médiatisées, ces prises de positions ont pu avoir un effet sur certaines catégories de l'opinion qui y sont attentives ;
- la campagne d'investiture du Parti Socialiste traîne en longueur et "publicise" la logique du conquête d'un appareil politique, ce qui nuit au PS dans un contexte de rejet des camps et des partis ;
- l'idée d'un second tour Ségolène Royal/ Nicolas Sarkozy est acquise pour l'opinion, qui a le sentiment de se voir confisquer l'élection et utilise Bayrou pour secouer le cocotier.
3. Quels sont les nouveaux électeurs de François Bayrou dans les enquêtes d'opinion ?
Je m'appuie ici sur la comparaison des résultats détaillés de deux vagues d'enquêtes : les sondages IFOP réalisés pour Paris Match en juillet et en octobre 2006. François Bayrou progresse de 8% à 12% entre ces deux dates (dans une configuration de premier tour avec Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy).
En simplifiant un peu, le type même du nouveau soutien de Bayrou est un homme, de 35 à 49 ans, employé ou ouvrier. Il se déclare de gauche et a choisi en mai 2005 un "Oui de gauche". Détaillons un peu :
- l'âge : C'est chez les 35-49 ans que la hausse est la plus notable : alors que 6% de cette classe d'âge se portait sur les intentions de vote Bayrou en juillet 2006, ils sont aujourd'hui plus du double à faire ce choix, soit 15%. Le vote Bayrou progresse dans toutes les classes d'âges d'environ 1/3 (ce qui correspond à la progression de sa moyenne de 8% à 12%).
Les 18-24 ans font exception, car ils sont 8% à voter Bayrou contre 14% en juillet : alors que FB arrivait auparavant en 3eme position dans cette classe d'âge, derrière Royal et Sarkozy, il est aujourd'hui devancé par Le Pen. On s'en fout, de toute façon, les jeunes, ils votent pas... Avec l'âge, la participation augmente (cf graphe ci dessous tiré de l'étude Insee La participation électorale au printemps 2004, d'Aline Désesquelles), de même que la régularité de l'acte citoyen ("la participation systématique") : les jeunes sont des spécialistes du vote intermittent. (cf l'étude Insee La participation électorale au printemps 2002, de François Clanché)
- la profession du chef de famille :
Traditionnellement fort chez les Professions libérales et les Professions intermédiaires, Bayrou arrive dans les deux vagues d'enquêtes (juillet et octobre) en troisième position dans ces catégories, derrière Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.
%%La nouveauté est sa progression parmi les employés. Il dépasse Jean-Marie Le Pen chez les employés, se classant là encore en troisième position : alors que 4% des employés avaient l'intention de voter pour lui en juillet, ils sont aujourd'hui 14% !. Progression majeure également chez les ouvriers (de 4% à 8%).
Je serai curieux de savoir si François Bayrou retrouve en celà un électorat (putatif, rappelons-le) classique et habituel, ou si l'on assiste aujourd'hui à une modification plus profonde. Je devrai pour cela analyser ces chiffres sur une durée d'étude plus longue - par exemple en les comparant avec les résultats du vote en 2002.
- la préférence partisane : ça commence à devenir très intéressant. Cette préférence partisane est donnée par trois informations : la préférence partisane déclarée, le vote au 1er tour en 2002 et le vote au referendum de 2005 (sachant que ce dernier n'est pas binaire, mais est explicité en 4 catégories : oui de gauche, oui de droite, non de gauche et non de droite). Que constate-t-on ?
1- Les sondés dont la préférence partisane va au Parti socialiste ou aux Verts ont manifestement été séduits par Bayrou ces dernières semaines. Alors que 3% seulement de ces deux catégories avaient l'intention de voter pour lui en juillet 2006, ils sont aujourd'hui respectivement 10% et 12% !!
Cette séduction des électeurs de gauche se fait-elle au détriment d'un ancrage au centre-droit ? Pas du tout : la progression de François Bayrou dans l'électorat s'accompagne d'un retour des sympathisants/électeurs UDF vers le président de l'UDF. Alors qu'ils votaient en priorité pour Nicolas Sarkozy en juillet (les sympathisants déclarés de l'UDF choisissaient le leader de l'UMP à 42%, contre 36% seulement à Bayrou), ls sont aujourd'hui 55% à faire le choix naturel de François Bayrou et 19% à persister dans le vote Sarkozy. En somme, et n'en déplaise à Gilles de Robien, François Bayrou réussit en ce moment à ressouder les sympathisants UDF et à séduire d'autres camps que le sien. C'est à mes yeux la leçon la plus importante de ce sondage.
Pourtant du chemin reste à faire : les sympathisants/électeurs UDF sont davantage dispersés sur plusieurs candidats que les autres camps. C'est une faiblesse potentielle de François Bayrou, comparé aux autres concurrents. Ainsi Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Le Pen ou Ségolène Royal sont-ils plébiscités à respectivement 72%, 80% et 60% par les personnes se déclarant proches de leur parti. FN et UMP sont résolument des fans clubs. A l'inverse, la pénétration du vote Royal progresse auprès des sympathisants UDF (passant de 7% à 13%), et, comme dit précédemment, 1/5 préfèrent le président de l'UMP.
2- Le croisement entre le vote de premier tour à l'élection présidentielle en 2002 et les intentions pour 2007 confirme ces enseignements :
1/les anciens électeurs de Jospin sont de plus en plus séduits par François Bayrou (la pénétration du vote Bayrou parmi eux passe de 4% à 10%)
2/ les électeurs de François Bayrou en 2002, s'ils prévoient d'être 57% à refaire ce choix en 2007, se dispersent aussi entre Royal (14%, en progression) et Sarkozy (26%, en régression)
3- L'analyse du croisement entre le vote au referendum de mai 2005 et les intentions de vote pour 2007 est à l'unisson, même s'il est plus difficile à lire. On constate en effet une très nette progression des intentions de vote pour Bayrou de la part des "oui de gauche", dont 10% voterait Bayrou en 2007 (contre 1% en juillet). De même, les électeurs ayant choisi le non, de droite comme de gauche, son plus nombreux qu'en juillet dernier à prévoir de voter Bayrou en 2007 (de 4% à 9% pour les non de gauche, de 9% à 15% pour les non de droite). Le oui de droite est stable. La variable européenne ne joue absolument pas pour le moment. La gauche, qu'elle soit du Oui ou Non, se porte vers Royal. La droite, qu'elle soit du oui et dans une moindre mesure du non (concurrence de Le Pen), se porte sur Sarkozy. Point barre.
Il serait toutefois dangereux pour Bayrou, à mon sens, de se passer du projet européen durant cette campagne : que 63% des oui de droite se portent sur Sarkozy peut aussi représenter un réservoir de voix pour lui, s'il sait réussir la très délicate conciliation entre la figure du réformateur institutionnel et de l'anti-système, avec celle de l'Européen convaincu.
Autre étonnement pour moi: les sympathisants d'extrême-droite restent totalement insensibles au discours naissant anti-système de François Bayrou : les électeurs de Le Pen en 2002 pensent, en avril prochain, voter soit Le Pen (58%), soit Sarkozy (31%), mais pas Bayrou (0%).
4. Où l'on apprend à se calmer
- Si le sondage IFOP montre François Bayrou en progression de 4 points en 3 mois, un sondage a été réalisé par TNS-Sofres pour Le Figaro les mêmes jours (12 et 13 octobre), selon un échantillon et une méthode identiques (échantillon national de 1000 personnes représentatif de l'ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, interrogées par téléphone. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage PCS) et stratification par région et catégorie d'agglomération.). Or, il maintient Bayrou à 7% dans l'hypothèse où Nicolas Sarkozy est le seul candidat UMP et Ségolène Royal la seule candidate PS, contre 12% pour le sondage IFOP précité.
- Ce n'est pas la seule incohérence entre ces deux enquêtes IFOP/TNS-Sofres, comme le rappelle cet article du Monde : la première donne Sarkozy à 53% au second tour, et l'autre à 50% seulement. Le directeur d'études du Département Opinions de l'IFOP, interrogé par le journal, avance des explications, qui tiennent notamment des recettes internes de redressement des résultats. Heureusement, il tient à rassurer aussi les électeurs UDF ! puisqu'il affirme :
"L'enseignement est surtout que les enquêtes sur les intentions de vote au second tour sont beaucoup plus fragiles que celles pour le premier tour", estime Frédéric Dabi de l'Ifop. "Pour le premier tour, on met les gens dans une situation de vote plus réaliste, de façon empirique, avec une liste de candidats. Au second tour, il manque au sondé une donnée de base qu'il possède le jour du vote réel : les résultats du premier tour."
Dans un article à lire sur son site l'institut Ipsos donne une autre explication à la contradiction entre des mesures d'intentions de vote très favorables à la droite au premier tour, mais plus équilibrées au second tour
La nette avance de la droite parlementaire au premier tour, le score obtenu par Nicolas Sarkozy, ne trouve pas de traduction dans les intentions de vote second tour. Sous l'hypothèse d'un duel Sarkozy / Royal, on obtient même un match nul, à 50% chacun. Tout se passe comme si la personnalité de Nicolas Sarkozy jouait là encore un rôle prépondérant. Par exemple dans la mobilisation contre lui de l'électorat des candidats de gauche et d'extrême gauche au premier tour, avec des reports de voix quasi parfaits, proches des 100%, vers Ségolène Royal. Ou encore dans les reports de voix de l'électorat de François Bayrou, dont près de 60% choisiraient Ségolène Royal au second tour.
- D'autres indicateurs m'incitent personnellement à la prudence, et j'y consacrerai dans les jours à venir deux billets :
1 - la récente conférence du Cevipof (Centre de recherches en sciences politiques de l'IEP Paris), sur le thème "Limites et usages des sondages dans la campagne pré-présidentielle.", a souligné la volatilité de l'opinion publique à 6 mois de l'échéance et les limites intrinsèques des méthodes de sondages pour mesurer l'opinion publique actuelle.
2 - les intentions de vote actuelles me semblent en outre peu crédibles car elles esquissent une situation en profonde rupture avec la tendance de long terme des 5 dernières élections présidentielles. Je n'en dis pas plus, mais gardons à l'esprit que jamais un candidat à l'élection présidentielle n'a réussi à se maintenir dans des eaux moyennes (entre 8% et 15%) : la dynamique de la campagne présidentielle les emportent tous soit vers un étiage plus réduit de "petit" candidat (étiage par ailleurs en hausse tendancielle), soit vers le ticket d'entrée au second tour. Bref, les deux seules hypothèses possibles pour moi sont un Bayrou à 8% ou un Bayrou au deuxième tour. La seule exception à cette constation est donnée par le cas Lecanuet. Mais il s'inscrivait dans une polarisation de la vie politique oubliée depuis longtemps. J'y reviendrai.
5. Réactions de François Bayrou
Je dois l'avouer, en prenant connaissance du sondage IFOP, je craignais un mouvement d'auto-satisfaction comme on avait pu en entendre en 2002, quand François passait de 3 à 5 %, des choses du genre "Je sens une vague monter". Elles lui donnaient une image très nuisible, celle d'un homme trop sûr de lui et de son destin.
A 12%, et étant donné le nouveau ton adopté par le leader de l'UDF, je redoutais carrément un "Oui, Le Tiers Etat est en train de prendre le pouvoir, les choses sont en train de bouger, tremblez puissances de l'argent !". Je crois que François Bayrou a eu la bonne attitude quand on l'a interrogé sur cette hausse spectaculaire - "une trouée large comme un sourire à deux chiffres" pour reprendre l'expression de Nicolas Domenach dans sa chronique i-Télé - que ce soit au micro de Bourdin & co lundi 19 octobre ou sur le plateau du Grand Journal de Canal + mardi soir. Il a adopté profil bas. Très zen.
Décidément il est très bien dans cette entrée en campagne. Sûr de ces propos, et de la voie qu'il trace. Mais aussi conscient du chemin qui reste à parcourir, en particulier à 6 mois d'échéance. C'est rassurant pour tous ceux qui sont de l'aventure (et ils sont - me dit-on - de plus en plus nombreux
Il a déjà une campagne présidentielle derrière lui et en connait la difficulté et l'aléa.
Oui, la seule position à avoir face à des sondages heureux, c'est bien celle de la marionnette de Chirac en 1995, à laquelle les Guignols de l'Info faisaient dire : ''"La campagne est encore longue. Il faut savoir raison garder. Tête froide conserver. Et sa bouche point trop n'ouvrir. Pile poil." "Les sondages ça va ça vient. C'est un instantané ponctuel à un moment donné de l'opinion."'' A réécouter ici.

Commentaires
Note très intéressante dis donc, je vais la signaler sur mon blog. Par contre, j'ai un problème avec la colonne centrale. Elle est grignotée sur la gauche.
Merci.
En effet, la colonne centrale est grignotée sur la gauche sous Internet Explorer. Je n'ai pas encore trouvé le temps de m'attaquer à ce problème. Ni d'ailleurs à celui qui fait que quand on ajoute un commentaire, on aboutit à une page blanche un peu déconcertante.
Bon ben j'ai du pain sur la planche !!
Bon ben normalement pour la colonne de gauche sous IE, c'est résolu : l'ajout d'un petit padding-left de 10 pixels a tout résolu !
Tout simplement.
Longue vie à Dotclear !
Bon ben normalement pour la colonne de gauche sous IE, c'est résolu : l'ajout d'un petit padding-left de 10 pixels a tout résolu !
Tout simplement.
Longue vie à Dotclear !
Un simple mot de félicitations pour cette note complète et argumentée ! Bravo !! Une seule chose que j'aimerai ajouter : certaines personnes non sympathisantes de l'UDF que j'ai rencontrées ces dernières semaines avaient envie de voter Bayrou, mais suite au 21 avril 2002, avaient dans la tête de voter "utile", un des grands arguments des partis mammouths. Le seul fait de sentir qu'ils ne seront pas les seuls (s'il on en croit la hausse de François Bayrou, ces jours-ci, à 6 mois du scrutin) pourraient, à mon sens, les décomplexer. C'est la bonne nouvelle de ce sondage, qui n'est qu'un sondage. Je suis heureuse pour ces personnes qui pourront ainsi se prononcer sur le fond, comme ils l'entendent au premier tour, sans culpabilisation.
Un simple mot de félicitations pour cette note complète et argumentée ! Bravo !! Une seule chose que j'aimerai ajouter : certaines personnes non sympathisantes de l'UDF que j'ai rencontrées ces dernières semaines avaient envie de voter Bayrou, mais suite au 21 avril 2002, avaient dans la tête de voter "utile", un des grands arguments des partis mammouths. Le seul fait de sentir qu'ils ne seront pas les seuls (s'il on en croit la hausse de François Bayrou, ces jours-ci, à 6 mois du scrutin) pourraient, à mon sens, les décomplexer. C'est la bonne nouvelle de ce sondage, qui n'est qu'un sondage. Je suis heureuse pour ces personnes qui pourront ainsi se prononcer sur le fond, comme ils l'entendent au premier tour, sans culpabilisation.
Bayrou peut gagner ! On en révait, on commence à y croire pour de bon! Croisons les doigts...
Fine analyse, merci BEM. Au delà de l'argument du vote utile - asséné par les pôles de droite et de gauche - c'est aussi la bipolarisation véhiculée par les médias traditionnels et accentué par le système électoral qui est enjeu de ce combat de François Bayrou.
Personnellement ce côté course de chevaux (le horse race des élections à l'américaine) entre deux challengers annoncés m'est insuportable. C'est une insulte à l'intelligence pour tous les Français qui n'ont de cesse de remettre en cause depuis le 21 avril 2002 les paradigmes classiques de la politique française.
L'hypothèse d'un centrisme porteur d'une véritable capacité à réformer - incarné par Bayrou - gagne en consistance. Dans ce contexte l'expression d'un vote "décomplexé" (bien vue Quitterie), notamment issu d'un électorat traditionnellement de gauche, traduit bien le sentiment actuel d'une lassitude vis à vis de l'offre politique traditionnelle.
A suivre et pas seulement dans les sondages ...
Il faut faire attention aux chiffres avant l'heure, c'est un peu du yaourt.
Qui est en mesure de savoir aujourd'hui combien nous aurons de candidats ?
Qui est en mesure de savoir aujourd'hui qui aura cinq cents signatures ?
Qui a déjà pris tous les renseignements qu'il aura dans six mois ?
Qui a déjà vu un débat télévisé ?
Qui a déjà lu une profession de foi d'un homme politique ?
Dans cet état de faits de mathèmatiques boff le fromage yaourt.
Quant aux jeunes, attention ils vont voter, je pense qu'ils n'apprécient pas particulièrement le service civil, le service civil devrait être proposé à des volontaires mais aussi récompenser en points pour entrer dans une administration ou en allégement de charges pour l'employeur qui recrute un jeune qui sort du service civil.
Quant à l'intuition, chacun peut avoir une bonne intuition, c'est mon cas et j'ai bien l'intention de voter pour François Bayrou. Mais j'ai déjà beaucoup de renseignements, je lis l'avenir dans une boule de cristal pas dans les pots de yaourts.