Une Burning Crusade participative ?
J'apprends par Koz une nouvelle que j'aurais été fort marri de laisser passer : Segolène Royal aurait franchi un nouveau pas dans la virtualité (virtualitude ?) de sa campagne - après la virtualité de ses propositions, en ouvrant un comité Désirs d'avenir sur le jeu Second Life.
Second Life, en deux mots, c'est un peu comme Les Sims, sauf que le jeu ne se limite pas aux relations humaines dans le cercle familial ou amical du quartier, et va beaucoup plus loin dans sa prétention à reproduire la vie en société. C'est aussi un véritable business, comme l'explique cet article de ZDnet
Second Life prétend donc reproduire la réalité en ligne. Avec tous les détails, dont les plus essentiels : un QG du FN, une association locale Désirs d'avenir et surtout des débats participatifs. Ouf. Je suis rassuré. J'angoissais depuis quelques temps en me disant : "que vont devenir ces amas de pixels s'ils ne peuvent pas dialoguer participativement et utiliser leur expertise citoyenne." Pire : sans Désirs d'avenir, ces petites figurines en 3D peuvent-elles conquérir la bravitude?"'' Bref, autant de questions qui trouvent enfin une réponse favorable ce soir.
Deux jours plus tôt, prenait fin l'interminable attente de millions de jeunes et de moins jeunes en France avec la sortie de l'extension de World of Warcraft - le premier jeu vidéo multijoueur en ligne au monde : The Burning Crusade. Loic Le Meur nous propose une photo où l'on voit cette foule juvénile sur les Champs Elysées attendre la sortie du jeu.
Alors, après Second Life, je guette le lancement d'une campagne sur World of Warcraft. Ségolène Royal, dans sa volonté d'être partout, aurait là un moyen de toucher une population nombreuse, et susceptible probablement de répondre à la mobilisation anti-sarko. J'ose même espérer une Guilde "Désirs d'avenir" prochainement sur Wow. J'attends avec impatience que le chevalier blanc du PS lance une "burning crusade" en ligne contre les autres candidats.
Blague à part, Versac semble plutôt approuver cette initiative, en la rangeant parmi les diverses initiatives qui permettent à Ségolène Royal de "s'appuyer sur des réseaux", "dans une logique de maillage du web, de réseaux, de sites multiples". Mais Koz la désapprouve ("la fascination pour le high-tech, pour l’Internet, ne peut pas, ne doit pas, faire oublier la real life.")
Je le suis complètement sur ce coup-là. Au risque de faire ringard, quelle est l'utilité d'une campagne virtuelle sur Second Life ? Combien de personnes touche-t-on ? Plus fondamentalement, n'a-t-on pas atteint avec la politique version Second Life le fond du fond de la gadgetisation des campagnes électorales? Certes, c'est peut-être une attitude méprisante qui ressemble à celle que beaucoup adoptaient vis-à-vis des blogs politiques quand ils firent leur apparition. Mais les blogs, pour virtuels, n'en visent pas moins à raconter la réalité, et à convaincre. Mais quelle argumentation dans Second Life ? Quel lien avec la démocratie réelle? Je reste extrêmement dubitatif.





Commentaires
Pas si bas : je suis mort de rire devant ton imagination. La version Word of Warcraft vaudrait le déplacement !
Merci. Du coup j'ai rajouté une bulle pour faire parler Sarko. Le tout avec l'excellent logiciel Comic Life (Attention, réservé aux amateurs de la Pomme)