Deux vidéos "décalées" sur François Bayrou
Bayrou en vidéo : on connaît les éclats de voix entre Claire Chazal et François Bayrou, on a vu et revu l'épisode de la gifle ou les sketchs plus ou moins inspirés des Guignols Voilà deux autres vidéos, moins connues, un peu décalées et qui donnent à voir des aspects intéressants du candidat centriste.
Première vidéo : rencontre entre des jeunes représentants de Ni Putes Ni Soumises et Bayrou
Cette vidéo intitulée "Bayrou, racailles et citée" a été filmée et montée par un militant UDF__ (que j'ai rencontré ce weekend et qui m'a fait connaître son blog: Saint Georges) où "Monsieur Bayrou se pose comme unn interlocuteur responsable, qui semble avoir "compris" les raisons d'un drame d'amour, qui pourrait se terminer en tragédie. Il recevait mercredi dernier, à la maison de la mixité, les principaux intéressés, du moins leurs représentants dûment choisis par Ni Putes Ni Soumises." Il a une attitude et un discours très ferme face à ces jeunes, ce qui rend à mon sens le dialogue étonnant, alors que tant d'autres préfèreraient adopter un ton plus consensuel et charmeur, conscients du potentiel du vote "jeune de banlieues".
C'est je crois une figure importante et méconnue du candidat Bayrou : celle du professeur, celle du père de famille aussi, qui sait cadrer son interlocuteur et qui préfère un discours de vérité à un discours démagogique, précisément pour le bien de celui à qui il l'adresse.
J'ai eu en voyant cette petite vidéo la même impression qu'en voyant Bayrou répondre à une jeune femme sur le plateau de A vous de juger en novembre dernier. Elle faisait état, avec véhémence, de ses difficultés à trouver un emploi et de ses déceptions via-à-vis de tous les hommes politiques. Bayrou lui répond avec un discours exigeant, presque à la limite de la faute de communication. Cette longue émission de 2 h 30 est disponible en 2 fichiers sur Dailymotion. La scène dont je vous parle est à voir au début de la seconde partie.
Ces attitudes, que ce soit face aux jeunes ou face à cette femme, lui seront-elles profitables au niveau électoral. J'ai bien peur que non. Mais pourtant il a mille fois raison d'avoir cette attitude. C'est ça l'éthique.
Deuxième vidéo : interview "intime" par John Paul Lepers
Cette vidéo s'intitule "Le candidat François intime" et a été réalisée par John Paul Lepers pour sa nouvelle entreprise La Télé Libre. La première question - sur le bégaiement et comment il l'avait vaincu - donne le ton, intime. La vidéo peut être lue ici. Mais elle est trop courte : 7 minutes, c'est frustrant !! Je reproduits ci dessous le poème d'Eluard que Bayrou récite (en partie): Dominique aujourd'hui présente. Du nom de la dernière compagne d'Eluard, il date de 1950. Un magnifique poême d'amour.
Toutes les choses au hasard
Tous les mots dits sans y penser
Et qui sont pris comme ils sont dits
Et nul n'y perd et nul n'y gagne
Les sentiments à la dérive
Et l'effort le plus quotidien
Le vague souvenir des songes
L'avenir en butte à demain
Les mots coincés dans un enfer
De roues usées de lignes mortes
Les choses grises et semblables
Les hommes tournant dans le vent
Muscles voyants squelette intime
Et la vapeur des sentiments
Le cœur réglé comme un cercueil
Les espoirs réduits à néant
Tu es venue l'après-midi crevait la terre
Et la terre et les hommes ont changé de sens
Et je me suis trouvé réglé comme un aimant
Réglé comme une vigne
A l'infini notre chemin le but des autres
Des abeilles volaient futures de leur miel
Et j'ai multiplié mes désirs de lumière
Pour en comprendre la raison
Tu es venue j'étais très triste j'ai dit oui
C'est à partir de toi que j'ai dit oui au monde
Petite fille je t'aimais comme un garçon
Ne peut aimer que son enfance
Avec la force d'un passé très loin très pur
Avec le feu d'une chanson sans fausse note
La pierre intacte et le courant furtif du sang
Dans la gorge et les lèvres
Tu es venue le vœu de vivre avait un corps
Il creusait la nuit lourde il caressait les ombres
Pour dissoudre leur boue et fondre leurs glaçons
Comme un œil qui voit clair
L'herbe fine figeait le vol des hirondelles
Et l'automne pesait dans le sac des ténèbres
Tu es venue les rives libéraient le fleuve
Pour le mener jusqu'à la mer
Tu es venue plus haute au fond de ma douleur
Que l'arbre séparé de la forêt sans air
Et le cri du chagrin du doute s'est brisé
Devant le jour de notre amour
Gloire l'ombre et la honte ont cédé au soleil
Le poids s'est allégé le fardeau s'est fait rire
Gloire le souterrain est devenu sommet
La misère s'est effacée
La place d'habitude où je m'abêtissais
Le couloir sans réveil l'impasse et la fatigue
Se sont mis à briller d'un feu battant des mains
L'éternité s'est dépliée
O toi mon agitée et ma calme pensée
Mon silence sonore et mon écho secret
Mon aveugle voyante et ma vue dépassée
Je n'ai plus eu que ta présence
Tu m'as couvert de ta confiance.

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