Maurice Leroy invité des Jeunes UDF de Paris
Mardi 20 février, les Jeunes UDF de Paris recevaient Maurice Leroy pour une discussion autour du thème « Le message politique de François Bayrou ».
Le thème de la soirée invitait à aborder, davantage qu’un thème précis
du programme de François Bayrou, son projet politique et le sens de sa
démarche. Les jeunes étaient venus nombreux, et beaucoup étaient des
nouveaux venus. J'ai été étonné de l'affluence, qui témoigne de la
curiosité et de l'engouement qui entourent le candidat soutenu par
l'UDF.
Maurice Leroy commence par un court commentaire de la situation
politique actuelle: le changement est frappant dans l’attitude des deux
partis PS et UMP vis-à-vis de François Bayrou. Faisant jusqu'à présent
preuve d'une indifférence sciemment entretenue, ils sont aujourd'hui
confrontés à l'hypothèse d'un François Bayrou au second tour, et
inquiétés par la dynamique qu'il a enclenchée. Du coup, « ils ont décidé de braquer les canonnières contre Bayrou » prévient Maurice Leroy.
Mardi 20 février, les Jeunes UDF de Paris recevaient Maurice Leroy pour une discussion autour du thème « Le message politique de François Bayrou ».
Le thème de la soirée invitait à aborder, davantage qu’un thème précis du programme de François Bayrou, son projet politique et le sens de sa démarche. Les jeunes étaient venus nombreux, et beaucoup étaient des nouveaux venus. J'ai été étonné de l'affluence, qui témoigne de la curiosité et de l'engouement qui entourent le candidat soutenu par l'UDF.
Maurice Leroy commence par un court commentaire de la situation politique actuelle: le changement est frappant dans l’attitude des deux partis PS et UMP vis-à-vis de François Bayrou. Faisant jusqu'à présent preuve d'une indifférence sciemment entretenue, ils sont aujourd'hui confrontés à l'hypothèse d'un François Bayrou au second tour, et inquiétés par la dynamique qu'il a enclenchée. Du coup, « ils ont décidé de braquer les canonnières contre Bayrou » prévient Maurice Leroy.

Il avait raison : dans la semaine qui vient de s'écouler et dans celle qui s'ouvre, François Bayrou apparaît comme l’homme à abattre. Argumentaires, tribunes, interventions publiques se multiplient contre lui. De manière étonnante d’ailleurs, les plus fortes attaques viennent autant des politiques que d'une classe intellectuelle d'éditorialistes/polémistes, qui sur les plateaux télé et aux micros des radios, viennent nous expliquer avec une morgue assumée combien il est absurde de voter Bayrou, combien le chemin qu'il nous propose ne mène nulle part. J'ai beau essayer de réfréner en moi la critique facile contre les médias, je dois avouer que lorsque j'écoute les derniers débats de On refait le monde sur RTL, ou de Entre les lignes sur La Chaine Parlementaire, je m'étrangle. Pour me calmer, je viens d'ailleurs d'acheter Monographie de la presse parisienne d'Honoré de Balzac. C'est saignant et ça n'a pas pris une ride. Bref. Je vous en parlerai un autre jour. Revenons en à Maurice Leroy.
Pour lui, pas de panique, ces attaques sont normales, et elles sont susceptibles d’éveiller l’attention, voire la sympathie pour le candidat Bayrou ! « Dans une élection, il ne faut pas toujours compter que sur soi » rappelle-t-il avec humour... Il incite aussi tous les militants à garder la tête froide devant ces sondages favorables, et à continuer de convaincre et d'expliquer autour de soi, car il reste un long chemin à parcourir avant l’accès au deuxième tour...
Une large place a été laissée aux questions (et aux réponses aussi, car Maurice Leroy est un bavard
mais c'est tant mieux parce qu'il profite de chaque réponse pour balancer des anecdotes ou des témoignages d'élu de terrain...)
Je retiens en particulier la réponse qu’il fit à un jeune homme qui se demandait comment concevoir un système politique sans une bipolarisation gauche/droite, qui semble si enracinée dans notre vie politique, et que tant de personnes considèrent comme indépassable. Comme dirait Ségolène Royal, c’est une très bonne question et vous avez raison de la poser. Sans blague, je les entends souvent ces questions chez les personnes qui envisagent un vote Bayrou : "Comment fera-t-il pour mettre en place un programme?" "Aura-t-il une majorité ?" Tiens d'ailleurs, Daniel Schneidermann se pose aussi cette question, dans un billet publié aujourd'hui même. Pour résumer, Maurice Leroy a apporté une réponse en deux temps :
1) ne sur-estimez le clivage droite-gauche : il existe à l'Assemblée Nationale mais pas dans la réalité, pas parmi la population;
2) ne sous-estimez pas la puissance du suffrage populaire et les effets d'une victoire à la présidentielle sur la reconfiguration du paysage politique.
D'abord, il explique que cette bipolarisation ... n’existe tout simplement pas ! Les sondages et les discussions de tous les jours montrent que les gens ne se classent plus à droite ou à gauche, et qu’ils sont favorables à un gouvernement d’union nationale (sondage BVA/Orange du 14 février). La "bipolarisation virtuelle" de l’Assemblée Nationale est entretenue artificiellement par un mode de suffrage imbécile, un mode de suffrage qui a permis à Jacques Chirac d'avoir le soutien de 365 députés alors qu'il ne recueillit qu’un petit 19% au premier tour de la présidentielle en avril 2002. 
Mais, il n'en reste pas moins qu'il faudra faire avec ce scrutin majoritaire pour les législatives. Alors comment fait François Bayrou pour construire une majorité ? Ici, Maurice Leroy nous demande alors de nous imaginer, de nous projeter au lendemain d'une victoire de François Bayrou. Ce serait « un cataclysme dans la politique française », semant le trouble parmi les troupes des deux principaux partis, qui ne tiennent jusque-là que par la perspective de faire gagner leur champion respectif. Ce "big bang" permettrait de recomposer le paysage politique français, et François Bayrou investirait des candidats d'accord pour soutenir son projet, de l'UDF ou d'ailleurs. Selon Maurice Leroy, les soutiens ne manqueront pas car il ne manque jamais d'élus pour rallier la vague populaire qui porte un candidat au sommet de la République... "Il faudra même gérer le trop-plein" confie-t-il avec malice.
Je trouve sa réponse tout à fait fondée et d’autant plus crédible qu’elle vient d’un fin connaisseur de l’Assemblée Nationale (dont il est vice-président).
Il a aussi eu je trouve des mots très sensés concernant l'attitude à avoir vis-à-vis des électeurs de Jean-Marie Le Pen, et nous en connaissons tous : il faut s’adresser à eux sans avoir une attitude d'ostracisme, et en prenant exemple du 21 avril pour leur montrer qu’un vote "anti-système" en faveur du FN a conduit in fine à renforcer ce système, et à accorder 83% à Jacques Chirac.
Parmi les différentes questions posées sur tel ou tel point du programme, l'Education Nationale a fait l'objet de plusieurs échanges et d'une réponse développée : Maurice Leroy a pointé le fait que c'était un sujet sur lequel François Bayrou et Nicolas Sarkozy sont en opposition frontale, autant dans leurs propositions - Bayrou veut maintenir la carte scolaire par exemple - que dans leur capacité à les mettre en oeuvre. En effet, François Bayrou est de loin le candidat le plus apprécié chez les enseignants, et se trouve donc le mieux placé pour mettre en place une réforme de l'Education, qui ne peut se faire sans ou contre les enseignants.
Voilà je m'arrête là pour le récit de cette agréable rencontre. J'aurais pu aussi mentionner les confidences de parlementaires socialistes que Maurice Leroy nous a rapportées du Congrès de Versailles - où venait juste d’être adoptée une énième réforme constitutionnelle - et qui montraient bien le pessimisme ambiant sur la conduite de la campagne de Ségolène Royal! Mais bon, je suis pas une balance... 

Vos derniers commentaires