Immigration : aucune solution simpliste
L'immigration.
Je pense tout de suite à une courte mission que j'ai faite à Mayotte
voilà presque deux ans dans le cadre de mes études en urbanisme.
Pourquoi Mayotte ? (où François Bayrou est en ce moment en déplacement, d'ailleurs...)
1. Mayotte est une île de l'Océan Indien, pas loin de la Réunion, qui fait partie de l'archipel des Comores.
Elle a refusé de prendre son indépendance par rapport à la France en
1974, contrairement aux îles voisines qui composent les Comores :
Anjouan, Grande-Comore et Mwali.
Mayotte n'est pas un département mais une collectivité départementale,
statut bâtard, qui permet à la France de satisfaire les aspirations à
la départementalisation de Mayotte, sans pour autant leur accorder ce
statut. Si Mayotte accédait à ce statut, en plus de la fierté d'un
rattachement à la France, elle deviendrait une Région Ultra
Périphérique aux yeux de Bruxelles et des fonds structurels. Une manne
énorme pour un espace très très en retard de développement.La présence et l'aide françaises sont déjà importantes. Et c'est normal : Mayotte c'est la France.
2. Les 3 îles voisines de Mayotte - dont Anjouan, qui a déjà réclamé récemment son retour dans le giron français - sont vraiment très en retard comparé à Mayotte. Les conditions de santé et la situation socio-économique y sont dégradées. Pas de salaire minimum, pas d'école, pas de DDE française pour construire les routes.
3. Mayotte, c'est aussi le plus grand lagon du monde. Avec des coraux magnifiques. Le tout menacé par l'urbanisation, la conquête fulgurante de l'automobile et des modes de vie occidentaux qui tuent le patrimoine naturel de l'île.On résume : en plein dans l'Océan Indien, il existe un endroit où pour passer du Tiers Monde à la France, il suffit de traverser un lagon, donc un bras de mer pas très agitée.
Résultat : on estime que près de la moitié de la population de la ville-capitale de Mayotte (Mammoudzou) est officiellement inexistante. Clandestine.
J'ai été marqué par ces 2 mois de travail à Mayotte (sur des problématiques de développement urbain). Dans quel sens ?
D'un côté je me disais qu'il était inévitable de voir des populations essayer coûte que coûte (je veux dire : quoi qu'il leur en coute) de rejoindre les pays développés. En particulier dans des endroits,comme à Mayotte, Gibraltar ou en Guyane, où les 2 mondes coexistent si brutalement.
D'un autre côté, il est aussi essentiel - si l'on met de côté les bons sentiments et que l'on fait preuve de réalisme - de préserver la stabilité du tissu social du pays ou de la région qui reçoit les populations étrangères. Au risque d'importer de l'instabilité et les problèmes. A Mayotte, j'étais frappé de voir comment le racisme commençait de prendre dans la population mahoraise, contre les immigrés des autres îles, alors que ces deux peuples étaient culturellement totalement frères ! Simplement, les autochtones étaient excédés de voir les comorais immigrés accepter de travailler au black pour trois fois rien, prendre des places dans les écoles déjà si bondées, etc.
Bien sûr, s'agissant de la Métropole, le problème se pose différemment de ce qu'il est à Mayotte : je crois que la France peut supporter une immigration suppléméntaire (allez lire ce Powerpoint réalisé par l'Institut National des Etudes Démographiques sur La contribution des migrations à la croissance démographique, en France et en Europe. Très didactique. Très étonnant). Le problème est la concentration des populations immigrées dans certaines zones. C'est pour cela qu'on ne peut envisager l'immigration sans la lier à l'intégration, voire à la politique de la ville. Et non pas à l'Identité Nationale !!
Je n'ai pas de solutions toutes faites. Voilà celles que propose François Bayrou : maîtrise de l'immigration clandestine et politique européenne de développement des pays d'immigration. En France, un ministre chargé de l'immigration regrouperait les différents aspects de ce vaste chantier . Je suis sûr en tout cas que le Président Bayrou mettrait en oeuvre avec plus de sensibilité, de mesure, d'écoute cette politique que la Président Sarkozy. Et sans tomber dans le laxisme et la démagogie des régularisations qui ne sont que des appels d'airs qui n'apportent aucune solution.
On en parle dans les commentaires.

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