Le débat Royal/Bayrou se termine à l'instant, sur ces mots de Bayrou, qui qualifie le débat "d'enrichissement pour la démocratie."

Purée je sais pas pour vous, mais moi j'ai adoré ce débat. Pas tel ou tel échange en particulier, mais l'exercice en lui-même. Je ne sais pas si le debat-d'idées-projet-contre-projet a tenu ses promesses ou pas, si les sujets évoqués ont été épuisés ou pas, mais peu importe: j'ai l'impression que ce genre de débats, cordial, ou on se coupe pas la parole, ou parfois on concède à son adversaire des "c'est vrai" "je suis d'accord", eh bien, ça grandit un peu la démocratie.

J'entends d'ici Nicolas Sarkozy qui va qualifier cet exercice de démocratie de "négociations d'arrière-boutique", de "tractations politiciennes dans un grand palace parisien". Mais non, il aura tort : ce genre de débat est nécessaire, il fait respirer la démocratie. Et puis il me fait respirer aussi, tiens ; je me sens bien après ce débat ! Je regrette qu'il n'y en ait pas eu un avant le premier tour. Je regrette que Nicolas Sarkozy ne se prêt pas à ce même jeu. (Puisse le débat d'aujourd'hui faire prendre 1 ou 2% à Royal dans un sondage prochain, pour que Sarkozy flippe et regrette d'avoir eu une attitude aussi archaïque sur la questioon du débat avec Bayrou !!). J'espère que le débat du 2 mai sera de même nature, de même niveau.

Je suis juste un peu déçu que si peu de gens aient pu voir ce débat. Beaucoup n'en verront que les passages charcutés et minutés que reprendront les grandes chaines. Moi-même j'ai eu beaucoup de mal à accéder à la vidéo de ce débat, car même si j'ai fait l'acquisition, comme 22% de la population française, d'un équipement TNT, je ne capte pas le multiplex de BFM TV; que les sites internet de RMC info et de BMF TV sont inaccessibles. Heureusement Dailymotion retransmettait le Live.

J'écris ce billet "à vif", je dirai dans un prochain billet plus développé ce que je retire, sur le fond des propositions, de ce débat. Rien de vraiment étonnant en fait : divergences sur la place de l'Etat, sur les 35 heures, sur la BCE, sur la carte scolaires ; convergences sur les institutions, la sécurité aussi, la vision de la démocratie. François Bayrou apparaît plus que jamais comme un digne libéral, au niveau politique (le libéralisme de Montesquieu, le libéralisme des contre-pouvoirs) et au niveau économique (faire confiance aux partenaires sociaux, aux PME, baisser les charges).

 

Joli billet d'Ariane Mnouchkine à propose de ce débat. Extraits (moi aussi je charcute...) :

Moi, citoyenne française, je veux écouter ce que ces deux citoyens français là vont se dire. (...) Je veux savoir qui cède et qui cède quoi. (...)

Qui veut empêcher cela ? Qui donc, en France, peut empêcher cela, sous prétexte que cela ne s’est encore jamais fait ? (...) Une mise en lumière. Voilà ce que j’attends. Bien plus que de la routinière impertinence télévisuelle, sans risque, bien calée derrière la table, j’ai besoin d’une mise en lumière des outils politiques, du travail politique.

Je veux voir la Persuasion à l’œuvre. De part et d’autre. Sa ruse, sa force, ses dangers, sa beauté.
Je veux voir Athéna à l’œuvre. Et l’enfant Démocratie grandir.