Je mets de côtés toutes les surprises qu'ont apportées ce second tour, et ne m'occupe que de la situation du MoDem à l'Assemblée Nationale.
La situation est meilleure qu'espérée, puisque le MoDem n'aura pas qu'un seul député comme annoncé, mais elle n'est pas très claire :
  • sur le site de Yahoo! sur lequel je viens de me rendre, on donne 5 députés

  • sur le site du Ministère de l'Intérieur, ce ne sont plus que 3 députés qui ont été élus sous l'étiquette MoDem.


Explications: 5 députés proches de l'UDF et de Bayrou, ont  effectivement été élus, mais seuls 3 avaient effectivement l'étiquette UDF-Mouvement Démocrate :
  • François Bayrou, élu UDF-MD dans les Pyrénées-Atlantiques avec 61,21%
  • Jean Lassalle, élu UDF-MD dans les Pyrénées-Atlantiques, avec 40,37%
  • Thierry Benoit, élu UDF-MD dans l'Ille-et-Villaine face Marie-Thérès Boisseau, (l'ancienne Ministre aux Personnes handicapées) avec 55,09%
  • Jean-Christope Lagarde a été elu en Seine-Saint-Denis sous une étiquette Divers Droite (plus précisément l'étiquette "Bobigny-Drancy") avec 59,87%
  • Abdoulatifou  ALY  a été élu avec l'étiquette "Divers" avec 56,29%

Sur son site, l'UDF les revendique tous les 5. Je crains que, s'ils sont peut-être décidés à rester au Mouvement Démocrate, ils ne soient pas tous prêts en revanche à se maintenir, dans l'enceinte de l'Assemblée Nationale, dans l'ailleurs que leur proposera le MoDem, c'est-à-dire à rester Non Inscrit.

C'est à mon avis déjà perdu pour  JC Lagarde, qui s'est dit prêt à travailler avec la majorité présidentielle et a pris ses distances avec le MoDem pendant la campagne législative (il n'était pa présent le 24 mai au Zénith pour le meeting de lancement du MoDem), et aussi pour Thierry Benoit, qui a dû tenir compte de la sociologie très "à droite" de sa circonscription, et dont Libération parle sous ce titre, le jeudi 14 juin : "Un élu breton du Modem s'affranchit du parti pour gagner"

La tentation sera grande pour eux de rejoindre le groupe Nouveau Centre, qui a déjà 22 députés, peut-être davantage s'il devient un réceptacle des députés centristes déçus de l'UMP et/ou du fonctionnement du groupe UMP. Ils peuvent aussi être apparentés Nouveau Centre, comme c'était le caas pour l'UDF de Christian Blanc, Philippe FOlliot et PIerre Albertini dans la précédente mandature (les deux premeirs ont été réélus au 1er tour, le dernier n'a pas souhaiter se représenter).

Ne pas inscrire son travail parlementaire dans le cadre d'un groupe parlementaire représente des concessions certaines pour un élu, ce qui rendra la tentation de rejoindre un groupe pré-existant très forte. Comme le précise le site de l'Assemblée, les avantages de participer à un groupe tiennent à l'exercice de certains droits pendant les séances publiques, à la possibilité de participer à la constitution des organes internes de l'AN, et aux prérogatives données aux Présidents des groupes.  Ainsi: 
  • les groupes désignent les membres des commissions parlementaires à la représentation proportionnelle, de telle manière qu'il est difficile de siéger dans une commission sans être membre d’un groupe;
  • les groupes disposent en outre d’un temps de parole plus important lors des campagnes électorales;
  • les groupes peuvent demander au perchoir une suspension de séance
  • surtout, le président du groupe parlementaire participer à la conférence des présidents, réunion préparatoire aux séances parlementaires
Il faut prendre aussi en compte un autre point soulevé par François Bayrou hier soir : l'audience d'un groupe politique ne tient pas au nombre de ses députés, mais à la justesse et la force de ses propos. C'est vrai. : avec 20 députés, le groupe UDF était, dans l'opinion publique, relativement plus entendu que le pléthorique groupe UMP. Mais ce qui est vrai à 20 le reste-t-il à 3 ?