
La construction du MoDem
Je commence par la fin, où Bayrou détaille le calendrier et les prochaines étapes de la création du Mouvement Démocrate. On y apprend que les Universités d'été prendront cette année une forme différente. Alors que ce rendez-vous traditionnelle avait en général lieu fin aout, les prochaines "Assises de la Démocratie" auront lieu cette année mi-septembre. Les coûts en seront ainsi, j'imagine, nettement réduits. Souhaitons que ces Assises aient quand même lieu sur le littoral !!
Celles d'aout 2006 à la Grande Motte étaient mémorables. Fred de Démocratie sans frontière récapitule les billets rédigés à cette occasion. Le mien est ici.
Edit : d'après Jeunes MoDem 31, ces Assises auront lieu à Seignosse dans les Landes. Bayrou l'aurait annoncé lors d'un pique-nique hier (!). Seignosse - dont le maire et ancien présentateur du 20h Ladislas de Hoyos, est proche de Bayrou - avait déjà accueilli les UE de 2003.
Après ces Assises de septembre 2007, un congrès National sera organisé fin octobre ou début novembre.
Cette lettre - longue - apporte d'autres éléments.
Bayrou revient sur le résultat - "remarquable" - de la présidentielle et sur "l'extrême difficulté du scrutin législatif", en reprenant les calculs du Monde selon lesquels "un mode de scrutin proportionnel, à l’allemande par exemple, nous aurait offert 61 sièges, et sur la base du premier tour de l’élection présidentielle, c’est plus de 130 sièges que nous aurions pu obtenir". A voir ces résultats
Il donne des explications sur ses choix stratégiques: pourquoi il n'a pas choisi d'entrer dans la majorité de Nicolas Sarkozy ou de faire alliance avec le PS.
Ma réponse est celle-ci : nous ne sommes pas une sous-marque, ni une variante de l’UMP ou du PS. Nous sommes le courant politique démocrate, autonome, authentique, qui a sa vision, ses valeurs, et dont l’absence depuis des années coûte cher à la France. Et cette autonomie, c’était la seule manière de le montrer, une fois pour toutes, de manière éclatante qui nous étions et ce qu’était notre projet. Il fallait en passer par là pour que cette preuve soit apportée.
Si j’avais, à la suite de la plupart des députés, choisi explicitement ou implicitement d’entrer dans la majorité présidentielle, la cause était entendue : la bipolarisation l’aurait définitivement emporté et nous en serions revenus à la case départ.
Il fixe le cap pour l'avenir, à long terme - "il nous revient d’être la force de renouvellement de la vie démocratique en France. C’est une immense ambition." - comme à plus court terme, puisqu'il prévoit d'adresser une autre lettre concernant la préparation aux échéances municipales à tous les pré-adhérents.
Je note aussi ces phrases, qui en disent long sur les doutes qui doivent traverser l'UDF, sur l'ampleur des défis à relever pour créer un nouveau mouvement :
Et la condition de ce projet, c’est qui puissent enfin travailler ensemble des femmes et des hommes venus d’horizons différents. Ceux qui ont construit l’UDF et ceux qui viennent d’ailleurs : tous les démocrates ont leur place dans cette maison nouvelle, qu’ils se sentent au centre droit, au centre gauche, ou tout simplement en recherche d’un idéal politique nouveau. (...) C’est difficile, bien sûr, de vivre et travailler ensemble. Au début, il arrive qu’on se soupçonne : les nouveaux craignent parfois chez les adhérents plus anciens une volonté de verrouillage ; les anciens perçoivent les nouveaux adhérents comme une menace, parce qu’ils les connaissent mal. Cela est tout à fait normal. Mais lorsque les rencontres se font, alors chacun découvre que l’autre, au fond, lui ressemble et que l’engagement est de bonne foi. En tout cas, il y a un point qui, pour moi, est essentiel : c’est du croisement de ces expériences, de ces parcours différents, que dépendra notre capacité à parler à notre peuple un langage nouveau !
L'action gouvernementale
Il livre son opinion sur les premières actions du gouvernement de
Sur l'Europe enfin, il est mitigé, voyant dans le récent déblocage des institutions à la fois des raisons de se réjouir et des raisons d'être sur sa faim d'Europe:
Pour ceux d’entre nous qui ont promu l’idée d’une constitution pour l’Europe, c’est le constat d’une marche arrière. L’Europe de l’inspiration a reculé. Pour les pragmatiques, il conviendra de tirer de cette situation le meilleur du possible. En tout état de cause, nous devrons lire avec attention le texte définitif, tel qu’il sera établi à l’automne par la Conférence intergouvernementale (CIG), avant d’exprimer un jugement définitif sur l’issue de cette crise.

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